jeudi, février 02, 2012

no noise, no dose

Il a des airs de nimbe, non ?

Mon corps sur une chaise à dos droit réagit à peine au martèlement des baffles. Il y a comme un air de déjà vu dans cet après-midi figé sur la campagne bressane que je hais de tout mon amour.

Il y a comme un air d'emmerdement à ne jamais finir ce qui avait été commencé.

Pas une goutte d'alcool dans le sang mais le sentiment d'avoir échoué reste. J'étais à l'heure avec mon addictologue et j'ai parlé plus d'une demi-heure mais les points d'ancrage vacillent si facilement que j'aurais peur de m’auto-saboter avant même de réellement le faire.

« N’auriez-vous pas plutôt peur de la réussite ? », demande-t-elle sans sourire.

Si, et alors?

http://www.youtube.com/watch?v=pR_heGRfwe0

vendredi, janvier 20, 2012

Paranoia is over

Voilà le moment où le temps se rembobine.

Un mois passé dans l’abstinence sans se donner la chance de tenir sobre un instant de plus.

Les bribes de mémoire n’aideront pas; le boulet accroché aux chevilles, sans que l’on n’en connaisse la première lettre du nom, s’alourdit suffisamment pour qu’aucune résistance ne le pousse plus loin que dans l’ombre de nos pas. Le whiskey a toujours été mon alcool favori.

Sur les vitres de la porte-fenêtre, les guirlandes illuminées de noël apaisent les sifflements vicieux du vent que la plaine ramène dans toute leur tonalité bruyante. Après avoir rembobiné le film, encore, après n’avoir compris que la moitié, E. m’a appelé, il avait l’air à côté, et je lui ai confirmé la possibilité d’être un abri mais le soir venu, je disparais encore.

Il est des appartenances au-delà de la compréhension et cette soumission n’en est qu’un aperçue.


http://www.youtube.com/watch?v=gClA6g7T0qc&feature=related

samedi, décembre 03, 2011

Maux passant

Les passants ne font que

Passer.

C’est leur rôle, non ?

Me demande-t-elle.

Je ne vais pas plus loin qu’eux.

C’est peut-être ma seule activité,

Ne pas aller plus loin que

Se tourner en rond.

C’est peut-être la seule raison de ma venue,

Une passade par-dessus

Les trottoirs de nos rues

Et ceux des autres,

S’ils en ont.

Des trottoirs.

Voir passer les autres,

Voir que nous passons,

Entre les mailles de « je ne sais quel filet »

Et juste regarder

Avec la justesse d’un myope tenant une loupe d’éloignement.

vendredi, novembre 06, 2009

Misery

http://www.youtube.com/watch?v=zH8-lQ9CeyI&feature=player_detailpage/


Falling into

jeudi, septembre 10, 2009

Où en sommes-nous?


où sommes-nous, vraiment..

mardi, août 25, 2009

Rembrandt



Une patte sur le ventre et son museau sur l'avant-bras. Si seulement plus rien ne bougeait.

mercredi, avril 01, 2009

Mise en pierre

The taxman's taken all my dough
and left me in my stately home
lazing on a sunny afternoon.

And I can't sail my yacht
he's taken everything I've got
all I've got's this sunny afternoon.

Save me
save me
save me from this squeeze
I've got a big fat momma tyin' to break me.

And I love to live so pleasantly
live this life of luxury
lazing on a sunny afternoon
in Summertime
in summertime
in summertime.

My girlfriend's run off with my car
and gone back to her ma and pa
telling tales of drunkenness and cruelty.

Now I'm sitting here
sipping at my icecold beer
lazing on a sunny afternoon.

Help me
help me
help me sail away
or give me two good reasons why I ought to stay.

'Cos I love to live so pleasantly
live this life of luxury
lazing on a sunny afternoon
in Summertime
in summertime
in summertime.

The Kinks: "Sunny afternoon".

jeudi, janvier 01, 2009

Bioviva

Heureusement que la bouteille de champagne était là pour oublier qu'une année, encore, a été fusillée.

Et la terre? Elle roule. En 2D sur le plancher, entre ses dentelles et les échardes.

vendredi, décembre 05, 2008

Pendant tout ce temps

"-Prends juste le message, quelque chose se passe."

C’est tout ce qu’elle aurait pu dire.

"-Attends. On ne sait pas ce qui peut se passer."

C’est tout ce qui aurait pu être dit.

samedi, mars 01, 2008

The hero killed the clown


I’m going to watch myself

playing the same scene again

like everyday,

writing the dialogue

of a silent movie.

And then I’ll see

a blue ball moving

under the hero’s eyes

though he’s lying

in bed like everynight.

Fucked up and bored

of this joyless game,

the neighbour can’t tell him

what’s out burning

when he sees an ocean

of history

and a king

cutting his own head.

The hero wanted to play his servant

but the writer

is already gone

to a place

where there’s only circles

and he’s loosing the strength

to run after him.


"Can't make a sound" Elliott Smith again...

samedi, février 23, 2008

Your candle burns too bright

Quand la nuit tombe, sa clarté devient trop lumineuse, et j’ai peur d’elle comme j’ai peur de moi, j’ai peur de décevoir tout ce que j’aime comme j’ai peur de tous ceux que j’ai aimé en fuyant après avoir distillé un peu du désamour de soi en eux.

Tu ne méritais pas d’être seule et encore moins dans un monde que tu as déjà côtoyé. L’air du Large porte bien son nom ces temps-ci.

De rire avec toi m’avait manqué, surtout d’une banalité qui ne me touche pas autant, bien que j’en rie aussi, lorsqu’elle est surprise aux gens qui passent sur les quais où je m’escrime du regard depuis des mois.

J’ai pu rire de cette banalité-là lorsqu’un petit garçon en bas des escaliers s’est écrié : « _Pourquoi on remonte pas ?» et que sa mère, à mi-parcours, lui a répondu : « _Parce qu’on est descendu ».

Oui, c’est drôle sur l’instant mais ça ne me donne pas autant envie de pleurer.

Et la descente que je prends maintenant, aucune remontée ne pourra me la rendre plus facile malgré ce mauvais goût métallique qui encercle ma tête, malgré le manque de moyens, encore, pour se dire : « cette fois tout ira bien », parce que j’ai peur de moi toujours avant d’avoir peur de tout le reste, et j’ai peur d’être trop faible pour supporter d'aller mieux.

dimanche, octobre 28, 2007

Needle in the hay

« Il vit comme un film muet où la musique remplace même les corps parfois. Sa matière grise crépite sur la toile tendue de l’écran, une canne dans la main, un chapeau dans l’autre, il joue et dirige, il produit, il réalise et il choisit les personnages mais en définitive il n’a aucun pouvoir tant que personne ne passe le film. He doesn’t even exist. »

dimanche, juin 17, 2007

Where breathing starts


On ne peut pas rester incurieux de tout, à moins d’être fou, il nous faut toujours chercher quelque chose, le je ne sais pas quoi qui nous attire sans être clair, le but qui nous fascine sans être un idéal, ce Graal que l’on ignore, il est toujours en nos gestes et nos langues, en nos peaux suavement parfumées ou couturées par trop d’angoisses, mais il est tel que nous ne pouvons que survivre. Nous cherchons, haletants ou fatigués, mais nous cherchons tout en nous faisant parfois la malle plus tôt que prévu, nous cherchons, les yeux rivés au pied d’un énième verre aussi, nous cherchons, sous la pile de feuilles qui s’entassent devant nous, nous cherchons et le temps qui passe, les amours perdus, les cafés tièdes au matin, les cris de la rue, le chien qui nous regarde sont parfois des réponses, parfois des lames sanglantes de solitude, mais ce sont toujours des traces que nous laissons à notre quête. Qu’importe les défaites, qu’importe les contrariétés, s’il faut aller quelque part, c’est toujours au plus connu de nous-même que nous nous arrêtons.

lundi, février 12, 2007

Apparence

Parfois je me demande si les odeurs peuvent vieillir, disparaître ou bien se gâter. Peuvent-elles vivre, assez longtemps et avec une telle férocité ? Des odeurs flottent dans mes narines comme des rancoeurs ou des remords. Je n’ai jamais aimé les bouches, elles ne sont pas assez directes, ce sont des raccourcis illusoires, des fausses pistes, de simples leurres, jamais les bouches ne peuvent être à l’égale des odeurs. L’haleine pue, un point c’est tout. Alors que la transpiration, la sueur, l’intimité des parties génitales ont une parole directe. Ce sont des sens uniques en complète adéquation avec nos putains d’hormones d’animaux ou alors se sont des interdictions d’accès. La chose est simple et clair tandis que la parole déblatère ses mensonges et ses tournures rhétoriques pour amadouer nos oreilles. La parole, la bouche, est une faux cul de première zone. Il est vrai qu’il ne vaut mieux pas tenter de renifler les aisselles au premier rendez-vous mais l’expérience simplifierait l’échange.
Et parfois, une odeur nous reste collée au fond de la narine, dans le palais, la gorge, l’estomac, partout où l’on aurait besoin de l’oublier mais où elle s’entête et persiste à rester. Dans ces moments, nous recherchons presque cette odeur bien qu’elle implique un regret ou une honte de l’avoir laisser partir. Quand l’odeur colle parfaitement à notre naseau, mieux vaut ne pas avoir une dépression en cours au risque de tout gâcher, comme certaines odeurs qui, parfois, se gâtent, ou s’amplifient de façon malencontreuse.

A la sortie du métro, cette odeur m’a pris à bras le corps jusqu’à suffocation, mais non, je m’en fous, c’est trop tard et je m’en fous, elle se laisse happer par les remontées d’égouts de toute façon et puis, non, je ne m’en fous pas, je suis simplement impuissant et dans l’impossibilité de faire quoi que se soit si ce n’est de dire « blabla, je m’en fous ». Et vive la parole, non pas le langage.

lundi, novembre 27, 2006

Lost



















-Li Bra-

Been outside
Invited in
But I couldn't abide
With missing again
Burning every bridge that I cross
To find some beautiful place to get lost
I had true love
I made it die
I pushed her away
She said please stay
Burning every bridge that I cross
To find some beautiful place to get lost
To find some beautiful place to get lost


I don't know where I'll go now
And I don't really care who follows me there
But I'll burn every bridge that I cross
To find some beautiful place to get lost
To find some beautiful place to get lost

-Elliott Smith-

lundi, octobre 30, 2006

I didn't see this (L)hand



And so I'm alone like I'm supposed to be tonight,
tomorrow and everyday
there's nothing here that you'll miss
I can guarantee you this is a cloud of smoke
trying to occupy space
what a fucking joke
what a fucking joke
I waited for a bus to separate the both of us and take me off far away from you

'cos my feelings never change a bit I always feel like shit
I don't know why I guess that I "just do"
You once talked to me about love and you painted pictures of
a never-neverland and I could've gone to that place
but I didn't understand
I didn't understand


-Elliott Smith-

samedi, août 19, 2006

Far & Gray

17 h
La pluie se met à mouiller les pavés menant au jardin et le gris du ciel disparaît derrière sa justification.
Pour un prochain voyage où je n’emporterai rien, j’ai vidé mon estomac dans la cuvette des chiottes, ou j’ai fait semblant parce que rien n’est plus clair, au contraire, mes tripes sont en cavale dans mon œsophage et la tête me tourne en bourrique...
Lorsque la pluie s’arrête ; l’odeur des fleurs du jardin remonte de la terre et se diffuse dans toutes les pièces de la maison, sauvagement bien rangée, où je me recueille lamentablement mal...
Mon indécision me pousse à une retraite à la limite du cléricale dans une maison hantée par le rien et la solitude habituelle. Un habitat, en somme.
Il n’est plus une page où je ne dis ces mots : « J’aime le luxe d’être seul et désespère d’entendre ta voix mais si elle sonne dans l’ombre latente d’un verre de vin blanc ou d’un séquoia à l’arôme malfaisant, je la fuis comme je fuirai la fin. J’aime te voir et déteste te regarder, c’est peut-être cette laideur soudaine qui en est la cause, ou peut-être encore un épuisement presque éreintant à force de durer. » Et je n’ai décidément personne à qui confier ma vie parallèle à la vrai, celle qui me paraît lointaine et grise. Loin de tous les premiers jours que j’ai pu vivre. Il n’y a que la bouteille à qui je peux réellement parler mais elle n’écoute que le ronflement de mon ventre avide, elle est traîtrise et dépendance mais l’esprit clair est pire encore. Il signe déjà forfait alors que rien n’est désespéré ici-bas. Seulement le flou absolue qui entrave tous choix et toute force de les faire.

21 h
Il n’est pas question de briser ces falaises déjà esquintées par la force des vagues et du vent. L’eau clapote à peine même si le vent souffle à en évider les baleines. Jolie image prête à faire la une de Playboy... Je ne peux oublier les ravins, ceux que j’aime tant longer, tant pour le plaisir des yeux que pour les autres sens. J’ai encore de vieilles adresses mais, en les parcourant, je ne pense qu’à elle. Je ne peux pas oublier. Mais je ne sais pas exactement quoi ni qui.
Je longe encore les murs et les immeubles de personnes que j’ai connues et dont parfois j’oublie jusqu’au nom mais pas le toucher, tant dans le beau que dans le viol, mais que j’oubliais peu à peu sous ses doigts. Et parfois, je sens comme une sorte de quintessence de bonheur, de liberté et de légère allégresse vivifiante malgré tous mes trous noirs et mes absences, et je sais que ces choses-là n’arriveront plus qu’en temps de guerre de ces même sens, à la limite de la jouissance lorsqu’il longent les ravins de toutes sortes de montagnes, pendant un certain moment.
Je ne peux pas oublier. Je ne peux pas oublier. Mais je ne sais ni qui ni quoi.
Je l’aimerai encore longtemps, même si nous sommes effrayés par le mot toujours mais je crois que c’est de cette façon que je veux peut-être finir, brûlé par le feu de la passion de quelqu’un que j’ai presque connue, brûlé par ce que tous, inconnus ou passants, peuvent dire, brûlé par une cigarette qui pourrait être fumée par un autre, brûlé comme une Jeanne D’Arc, par des idées encore, des idées, des Idéaux, comme la Passion en fait partie, brûlé vif et plein de regrets. Inutiles.