samedi, août 19, 2006

Far & Gray

17 h
La pluie se met à mouiller les pavés menant au jardin et le gris du ciel disparaît derrière sa justification.
Pour un prochain voyage où je n’emporterai rien, j’ai vidé mon estomac dans la cuvette des chiottes, ou j’ai fait semblant parce que rien n’est plus clair, au contraire, mes tripes sont en cavale dans mon œsophage et la tête me tourne en bourrique...
Lorsque la pluie s’arrête ; l’odeur des fleurs du jardin remonte de la terre et se diffuse dans toutes les pièces de la maison, sauvagement bien rangée, où je me recueille lamentablement mal...
Mon indécision me pousse à une retraite à la limite du cléricale dans une maison hantée par le rien et la solitude habituelle. Un habitat, en somme.
Il n’est plus une page où je ne dis ces mots : « J’aime le luxe d’être seul et désespère d’entendre ta voix mais si elle sonne dans l’ombre latente d’un verre de vin blanc ou d’un séquoia à l’arôme malfaisant, je la fuis comme je fuirai la fin. J’aime te voir et déteste te regarder, c’est peut-être cette laideur soudaine qui en est la cause, ou peut-être encore un épuisement presque éreintant à force de durer. » Et je n’ai décidément personne à qui confier ma vie parallèle à la vrai, celle qui me paraît lointaine et grise. Loin de tous les premiers jours que j’ai pu vivre. Il n’y a que la bouteille à qui je peux réellement parler mais elle n’écoute que le ronflement de mon ventre avide, elle est traîtrise et dépendance mais l’esprit clair est pire encore. Il signe déjà forfait alors que rien n’est désespéré ici-bas. Seulement le flou absolue qui entrave tous choix et toute force de les faire.

21 h
Il n’est pas question de briser ces falaises déjà esquintées par la force des vagues et du vent. L’eau clapote à peine même si le vent souffle à en évider les baleines. Jolie image prête à faire la une de Playboy... Je ne peux oublier les ravins, ceux que j’aime tant longer, tant pour le plaisir des yeux que pour les autres sens. J’ai encore de vieilles adresses mais, en les parcourant, je ne pense qu’à elle. Je ne peux pas oublier. Mais je ne sais pas exactement quoi ni qui.
Je longe encore les murs et les immeubles de personnes que j’ai connues et dont parfois j’oublie jusqu’au nom mais pas le toucher, tant dans le beau que dans le viol, mais que j’oubliais peu à peu sous ses doigts. Et parfois, je sens comme une sorte de quintessence de bonheur, de liberté et de légère allégresse vivifiante malgré tous mes trous noirs et mes absences, et je sais que ces choses-là n’arriveront plus qu’en temps de guerre de ces même sens, à la limite de la jouissance lorsqu’il longent les ravins de toutes sortes de montagnes, pendant un certain moment.
Je ne peux pas oublier. Je ne peux pas oublier. Mais je ne sais ni qui ni quoi.
Je l’aimerai encore longtemps, même si nous sommes effrayés par le mot toujours mais je crois que c’est de cette façon que je veux peut-être finir, brûlé par le feu de la passion de quelqu’un que j’ai presque connue, brûlé par ce que tous, inconnus ou passants, peuvent dire, brûlé par une cigarette qui pourrait être fumée par un autre, brûlé comme une Jeanne D’Arc, par des idées encore, des idées, des Idéaux, comme la Passion en fait partie, brûlé vif et plein de regrets. Inutiles.

vendredi, août 18, 2006

My Double

Gensis Khan fait du tourisme et le Liban a les branches brûlées par l’aigreur de certains macros fous de spiritualisme... Du monde, je ne connais pas grand-chose mais de Günter Grass je savais beaucoup de choses et rien ne m’étonne.... Je voudrais construire des voiliers, légers et rapides, mais pour transporter quoi ? Des cadavres ou de l’alcool ? ou de petits boudhas en plâtre blanc recouverts par la poussière des modes. Je suis les articulations d’un tissu déroulé devant mes yeux mais pas devant mes mains... C’est ainsi que les choses se passent et c’est ainsi depuis notre enfance. « On peut toucher des yeux mais des yeux uniquement... »

Puis l’acide se mît à brûler ma gorge et la renvoya dans un trou naturellement formé par des êtres humains légèrement avares des muscles de leurs jambes et je tombai dans un trou noir, sans sens et sans paroles. Un trou creusé par la nuit cette fois. Mais la paix ne veut pas dormir.

dimanche, août 13, 2006

Ferien von dir


christian D.

Marcher. Jusqu’à la lumière éteinte. Même dans ce rêve étrange, tu es là, petite étincelle de vengeance dont je ne saurais contre qui elle s’expose. Les pas ne mènent nulle part et le soleil décline sur les collines glacées. Je relis les derniers billets que j’ai écris pour les oublier dans un tiroir. On oublie toujours les belles choses et je ne fais pas l’exception. Je n’ai jamais été l’exception. J’attends bêtement une sonnerie de téléphone pendant des vacances de toi. Et toute la nuit j’attendrai. Marcher jusqu’à cette lumière qui ne s’éteint pas malgré les chants funèbres et l’errance qui ne me mène nulle part. Un verre puis deux. Puis tant que je ne compte pas, pendant ces vacances de toi. La nuit resserre mon estomac fragile, celui là qui parfois remonte rien qu’à ta vue, petite étincelle de vengeance rêvée.Les portes ne claquent plus, les parquets sont en carrelage, au bout du couloir, il n’y a plus personne pour faire cette moue abjecte de répit. Je ne veux connaître aucun répit et pourtant, tout à l’heure, je disais que je voulais de longues vacances sans toi ni personne, sans cloche et sans bras, et maintenant je tâtonne. A la recherche de je ne sais quelle inconnue qui m’a déçue parfois.Qu’est-ce qu’il reste de ces absences, du dégoût, j’en ai même quand il n’est pas accusé, de l’angoisse et de la laideur, peut-on apparaître si moche ? De la lassitude, un peu. Pendant ces vacances de toi, j’ai reconquis ma liberté bête et méchante, à coup de bouteille et de nuits blanches... Pendant ces vacances de toi je me demande si tu me gagneras à ce jeu débile. Je me cache et crache sur les gens que je ne peux pas croiser une fois seul. Y aura-t-il une seule chance pour se voir ? Un peu... Ne serrait-ce que dans un rêve.Mais je ne rêve plus que d’impossible et j’aime les rêves qui n’aboutissent pas...Alors sauras-tu sauver ce qui ne t’appartient plus ?