lundi, avril 23, 2012

La faute à la "L'ai tue"

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=cEz5il1Syhc


 Putain de lumière, tu ne vas tout de même pas t’allumer à chaque fois que je jette ma cendre dans le cendar à 10 centimètres de ma main !
Si.
Conclusion ? Il vaut mieux boire que fumer selon cette saleté de lampe. Sans même l’avoir frottée, elle me faisait déjà chier.


 Mes fibres internes deviennent nerveuses dès qu’il s’agit de luminosité et les externes ont une sale gueule.
Je frotte les cicatrices qu’une porte en sapin m’a infligée lors d’une blind date en me demandant pourquoi toute cette hargne que je possède me revient toujours dans la face au lieu de servir à quelque chose… et comment puis-je encore tenir debout sans dormir depuis trois nuits et bientôt trois jours…?
L’instinct de survie qui éclore enfin, soudain ?
 J’ai peur de m’endormir et de ne jamais me réveiller serait une explication plus exacte. 
C’est une hantise que j’ai depuis qu’un jour, j’ai autant avalé de médocs que d’alcool et me suis finalement relevée pour tout déverser aux toilettes, comme si la perspective d’une mort proche avait éveillé cet instinct de survie que j’aime tant (bien que les toilettes n’aient rien demandé à personne, les pauvres).
 J’aimerais changer les ombres en miroirs pour que l’on cesse de se fondre en dedans et se regarde enfin. Tels ces murs en face des autres. Comme quoi, même une barrière est plus parlante.


 Et cette chanson, je la sifflotais lorsque j’étais encore en primaire, à me battre, toujours discrètement, contre des cons qui ne respectaient rien, surtout pas la belle langue des livres que je lisais trop vite, semblait-il.
Les choses n’ont pas tellement changées.
Je parlais de moins en moins fort, excepté pour cracher du venin. Je ne parle pas beaucoup plus aujourd’hui mais, à défaut d’autres moyens, j’ouvrais terriblement ma gueule lorsque l’Injuste se prononçait.
Et maintenant, je file droit
Vers un miroir pour m’engueuler de m’être tue.
Au moins, je me regarde de temps en temps.


Titan

lundi, avril 09, 2012

les contra-dictions

La lettre à Sarah

J'aimerais mieux être avec toi, à boire des cocktails bios
que je trouverais dégueulasses
après avoir dit: "Rajoutez m'en quatre!".
sur une terrasse où je dirais encore:
"Il fait un peu frisquet, non?"
le mercure pointant à 5 et après avoir insisté encore pour rester dehors
pour regarder les gens passer dans Bruxelles.

J'aimerais mieux être avec toi et te préparer des sandwichs
loin de toute écologie,
savoir ce que ça fait de redevenir "hétéro" (du moins pour l'instant),
admirer tes chaussures à se fendre (les tibias et de rire).
Voir tes colocs et surtout ton chat (ça a tout de même plus d'importance...)
J'aimerais mieux être avec toi qu'avec mon cafard,
étrangement grand pour un insecte,
et même si les rapports corporels m'attirent autant que de lécher la cuvette des chiottes,
pour une fois,
j'aurais préféré te prendre dans mes bras
plutôt que de chanter du folklore de 1590 sous la douche...
Mais en écoutant ça, la terrasse même bio aurait été supportable.


http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=zrfGMNZAPBY

vendredi, avril 06, 2012

Moitiée d'un bedon d'eau, entièrement Bidochon



S'oublier dans l'oublie, c'est presque aussi facile que de danser avec ta soeur.

S'oublier dans la rancoeur, ça l'est déjà moins.

Je fais copain-copain avec des gens, de 60 à 77 ans,
je ronge mes freins et suis supposée aller mal quand tout va bien
et aller bien quand j'aimerais plutôt me transformer en porc, hallale de préféférence.

Mais que fais-tu à toujours traîner avec toi?
Entre la fenêtre des voisins qui, depuis qu'ils ont encore
rasé leur haie, ont un bel aperçu de la fenêtre de la salle de bain, je me plaisante devant la glace:


écharpe rouge et chapeau: Jean moulin nous a été mouliné;

Noir et blanc et la moue presque huileuse,

tant elle est fraîche de sa boîte,

Claude Miller s'en retournera dans ses plus nouvelles cendres.
N'est-il pas plus beau de dire: "C'est soit ou soit et sinon c'est du melons, à couper à vos souhaits"


Et j'en éternue.


Photo: Katrina Del Mar

lundi, avril 02, 2012

Les heures crades


Les bonbons sont sales sur le sol
et ma mère disait :
« Ne touches pas ! C’est crade… »
L’hystérique mélange me fait mal au rire
jusqu’à l’étranglement de la voix
déjà muette
et proche de l’autisme
depuis bientôt 20 ans.
« Ne touches pas, c’est crade ! »
L’homme du train les a répandus,
Peut-être inconsciemment
Peut-être sciemment pour cette gosse.
« Connard ! »
qui m’a bouffé presque 20 ans
de temps d’autisme, à demi
et de vie que je ne connaîtrais jamais
sans la bouche muette qui l’accompagne.
« Touches pas, c’est crade ! »
Au fond de la couchette,
j’ai peur que les serpents entrent
sous ma couette
et me pénètrent encore
« C’est crade ! »
Si au moins j’avais dit ce qui l’était vraiment.



Alex Beaupain _ Comme la pluie
http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=1sn2Jv2sVP0

dimanche, avril 01, 2012

Tu t'en moque ou tu t'en fous?

Mon cœur décapité entre l'envie d'élever des lamantins en Alaska
et celle de fuir,
ma tente sur le dos et les docs remontées jusqu'aux flots de mes pensées,
trop rapidement passées au répondeur
de toute une vie à courir
à s'enfuir
par orgueil de ne devoir rien à personne,
ou peut-être la pâté à mon chat,
j'aime pas être dévoilée
et me voilà nue,
presque humaine de sentiments,
presque audible au père, au frère
et à mon simplisme d'esprit.
Mon cœur pèse tant que je dégueule lorsque j'arrive enfin à pleurer.
Pourquoi pas redevenir actrice?
Parce que je ne faisais que des déguisements
et mes heures en cellule de dégrisement
n'ont été que le fard
de mon for intérieur
fortement mort aux regards externes.
Veux-tu me connaître?
Tu t'en moques.
Veux-tu une baffe?
Tu es déjà une loque,
Pourquoi frapper plus fort.
Mais moi,
je ne peux que traire mon dos et masser des veaux
par conne descendance.
Chaque minute, je lutte contre cette hillarie
de se voir dans la glace
alors que j'ai mis des années à me cloîtrer derrière,
à moitié autiste, à moitié vipère,
plus les gens s'éloignent et plus il nous manquent.

J'hésite encore entre les noms des cimetières, les yeux clos
et une fléchette dans la main.
J'hésite encore à parler et répéter ce que j'ai déjà dit,
comme les mots prennent tant de place ici.
J'hésite encore à prendre le billet,
mon odeur âcre
de vin et de néons de train.
Ma gueule s'est décapitée.

J'étais plus drôle avant.