jeudi, juin 30, 2005

Voie Nr.1737

S´emballer devant les affaires déballées, tas de linge propre qu´il faudra répartir ensuite. Je ferme le sac en forcant et en niquant mon pouce sur un bout de métal trainant, et dont l´utilité ne m´apparait toujours pas. Le frère démarre la caisse branlante et je monte à son côté faire quelques courses pour revenir une heure plus tard avec deux caisses de vins blancs et un bouquin chacun. Un recueil de poésie qui ne me servira probablement à rien dans une vie postérieur… Je cours récupérer deux, trois affaires, finir le repassage et fourrer dans le sac une petite bouteille d´eau puis, je me fourre moi-même dans le métro direction.. vous connaissez la route chauffeur.
Il fait beau finalement… presque trop par rapport à mes prévisions personnelles. J´abandonne la visite de la collection ( au-Beaux-Arts-qui-sera-terminée-à-mon-retour-et-que-de-toute-facon-je-sais-pas-de-quoi-il-s´agit-ni-pourquoi-j´y-serais-allé-si-ce-n´est-pour-me-cultiver-et-je-préfère-le-point-avant-le-G-en-ce-moment-alors-tant-pis-j´ai-la-flème-et-ca-excuse-tout-voilà.) pour m´assoire devant le spectacle de l´eau grouillante de bouteilles de coca et autres détritus peu maritimes quoique flottants.. Un pêcheur des villes lance son hamecon au hasard du fleuve et attend lui aussi que l´on vienne y mordre.
Il fait bon vivre ces temps-ci, et, en fait, il fait toujours bon, quoi qu´on en dise. Je m´empreigne une dernière fois de la vue avant de croiser sa silhouette s´approchant doucement. Je détourne le visage avec un éffarement soudain. Oui, l´amour se résume en dates: quand on l´a oublié. La date n´a donc pas d´importance, nous sommes un jour de soleil et de vent, un jour comme tant d´autre et nous sommes seuls pour la première fois depuis des mois d´éfleurement. Elle a mis sa robe noire à fleurs blanches, la même que celle dont elle s´était vêtue sur l´une des photographies que j´ai pu distiller à mes débuts sur sa toile.
Je me relève péniblement, encore dans une certaine rêverie. Nous marchons ensemble, je pars demain, recommencer ma quête sans but connu ou avoué, et elle s´en va dans deux mois commencer une vie un peu plus loin, que je ne lui envierais pas malgré mon optimisme.
Les rues, les places, les ponts, les magasins semblables et distincts, le roman, les rues, les places… son étreinte, mes caresses, au revoir, adieux, à demain. Court voyage qui m´attend seul et j´aurais voulu l´emporter, égoiste, dans un coin de valise. Je garde seulement son ombre qui me suit sur les chemins du cimetière. J´aurais préféré ne pas la retrouver aujourd´hui. Les „au revoirs“ d´hier, c´était bien mais aujourd´hui. Une lucidité emprunte d´amertume acide. Je ne suis pas optimiste, non, surtout quand nous nous éloignerons sur la même voie qui nous a rapprochés.

Ca existe parfois de plus savoir quoi montrer.

quoi voir.

mercredi, juin 29, 2005

Pluie saisonnière/Acide assaisonné

Courir dans tous les sens dès 7h00 pour n´être qu´à 9h00 à une place bien changée depuis que les péniches sont allées s´arrimer à d´autres quais. L´endroit dégageait une atmosphère de désolation touristique. Il aurait pu être fantomatique si les éternels cyclistes ou autres adeptes du sport en plein air et écolos non avertis n´avaient pas été là pour bruiter mes arrières. Le retour à la réalité électronique me fait la rejoindre quelques mètres en aval où elle gisait éperdue dans le même Lorenzaccio que la veille et l´avant veille. Cela fait une semaine que l´on se lève avant d´être réveillé et que l´on ne se quitte plus avant le soir ou la nuit. Ne serait-ce pas un peu abuser du temps qui nous est offert.
Elle s´endort presque et je ne me lasse pas, ses jambes, ses hanches, sa taille sculptée comme une encoche dans l´ébauche malléable d´un ébéniste, son buste féminin gonflant un chant attirant et ce cou qui abjure ma raison.. Je la dévisage encore, les sourcils sombres symétriquement découpés sur son faciès assez clair pour la saison, la lèvre inférieur légèrement retroussée, un nez presque droit imposant une certaine crainte, les joues bien formées, parfois un peu rondes et fleuries, où ma bouche peut facilement s´abandonner. Les yeux n´ont rien d´extraordinaires à part que, quelque soit son humeur, j´y lis toujours un soupçon de malice. Presque des yeux d´enfant, ni petits, ni grands, sombres comme une forêt inconnue où je m´égare souvent. J´observe encore son menton, arrondi et relevé, rehaussant l´impression de dureté de ce paysage _toutefois anéantie par un regard en oblique vers ses mains_ et son front sur lequel se dessine peu à peu une fissure bien centrée, presque calme. Ses cheveux ondulent et frisent, ajoutant un sourire à mon étude physionomique.
Nous déambulons de nouveau sur ce chemin, évitant les vélos et secouant les chemises pour y faire couler un peu de fraîcheur. Sous-marins dans les allées de roses aux couleurs diverses et variées, attirants le regard pour le révulser parfois. Changer d´endroit, pendus aux rayons qui nous effleurent et se cachent peu à peu derrière un voile sombre de deuil. La pluie tombe doucement sur nos corps encore dénudés. Odeur diffuse dans les branches des saules éparpillés sur le banc de sable qui nous sépare du fleuve.
Entrer, dégoulinants, dans un café climatisé pour nous vautrer dans le fond. Fallait pas jouer avec mon feu. Elle n´en fait qu´à sa tête quand je lui demande de me laisser un morceau de sucre pour calmer le goût féroce dans ma gorge. Elle n´en fait qu´à sa tête et babille autour de sa tasse de café. Fixer méchamment le papier sur lequel je m´acharne, j´ai l´air con à bouder comme ça, comme un gamin, en fait. Imprimer ses yeux rieurs sur les miens, un long moment.
Tu vois, ce qu´il y a dans l´iris, je l´ sais pas plus que toi, mais si tu veux voir un peu comme ça fait mal de te regarder. Si tu peux voir un peu comme je suis aveuglé par ta faute, comme je te maudis parfois de m´avoir enfermé dans ce champ de bataille écorché. Est-ce que tu peux voir que tes lèvres sont mes seules vertus, tes caresses mes seules faiblesses et ta voix ma musique ? Pourras-tu voir cela, douce amante, dans ces yeux glacés que je te montre…
Et je crève d´envie de me jeter sur ta bouche, même ici, dans ce lieu inconnu, même si c´est toi qui t´approche avant que je n´esquisse un mouvement. Fermer mes yeux avant de trop montrer les stries de cette douleur sourde au reste du monde et effrontément amoureuse.

mardi, juin 28, 2005

Fucking lunatics

Tango argenté électrique. Le ballet des serveuses en jupes courtes, fardées de modes incolores et de colliers dérisoires. L´air nous étouffe peu à peu, nous asphyxie, gonfle nos poumons tel de l´hélium chaud et les empêche d´expirer. J´avais failli me déshabituer à l´attente, mais celle-ci attend dans un coin de bar trop branché pour mon allure anarchique. Rêver d´hivers en plein mois de juin, d´hier, la tête renversée sur le matelas, les pieds serrés contre le mur. A quoi bon rêver, il ne reste que l´exil dans le nord, le pays de pluie et de plaines, de lacs et de haine sensible. J´ai l´écorce à fleur de peau, la parallèle à ces longueurs étalées en couches anciennes et l´absence sonne déjà comme un baiser maudit.
Le bitume remonte ses odeurs grillées d´acide et de méthadone fragmenté. Une moto démarre en arrachant un grondement poreux au béton effrité. C´est une clavicule qui claque, un os qui pète et les vis qui sautent, la bagnole entame sa ligne droite, sans cahoter, à l´affût du prochain rat à dégommer. La chaleur du goudron se dégage en fumerolles vaporeuses, transformant en mirage les épis de blé jaunis. Encore un mètre et c´en sera fini de cette carcasse rutilante de sueur, c´est un homme affaissé dans des canettes de bière australienne, pantelant devant le ciel qui s´ouvre à lui, mais c´est pour mieux se refermer, mon garcon. Pour mieux t´enferrer dans ton soupcon d´ivresse nauséabond. Tu pues la déchéance, ce n´est pas toujours bon d´entonner ce refrain. A bout de souffle, il a chuchoté quelque chose qu´aucun ne pourrait croire, ni même comprendre. « Ma déesse m´a rendue ivre en avalant mes ailes, j´étais ange des vœux informulés, je suis promeneur sur le ponton des illusions, et l´angoisse va me crucifier à sa porte si la mer continue à monter ». Sa perte ne m´enchante guère mais ce n´est que la première. Les déesses n´existent pas, lui ai-je dit, pas plus que l´angoisse, c´est un leurre et tu es menteur. Peut-être était-il pur, peut-être était-il fou, il est perdu maintenant, pas la peine de sourire.
On tape les murs en faisant l´amour à des poupées plumées, et puis, tout est enchaîné, suspendu par les nuages, la peau irritée, les nausées abondantes. Se dégoûter un peu de nous quand on se désole du monde, la corde entre dans l´estomac des saints et ils dégobillent leurs désirs impuissants. L´un de nous a failli, je l´ai vu, il courbait la tête sur le creux de ses mains. Il faudra l´abattre.
La canicule est de plus en plus profonde, la fronde plus proche, la roche plus sèche. Et la table se craquelle. J´attendais quelqu´un et je me suis souvenu d´une autre histoire. Sans fin, vraiment, sans fil. Quand on disait ne pas vouloir les rompre, je voulais les consolider sans les entortiller comme aujourd´hui. Ca aurait été trop serré pour mes instincts confus. Ce fil ne s´est pas brisé, mais j´ai voulu l´avaler, et toi avec. Et après, tout est passé si vite, c´est ce qu´on dit quand on a eu ce qu´on voulait, non ? La consommation consommée, l´addition additionnée, l´argent monnayé, le comptoir éclectique fuit et l´attente toujours à portée de montre. Depuis neuf heure en apesanteur dans le bourgeon de la ville, la jungle des cinémas entre deux nouilles chinoises et l´enfer New-yorkais.
S´étendre en longueur, c´est un monde et c´est le notre, si la possessivité est légitime dans ce cas. Etendu, pas encore raide, mais on s´y attend.
Poursuivre notre chemin à travers tous ces immeubles malsains à force d´être rigides. Poursuivre derrière toutes ces barrières, dommage, je serai bien allé visiter la Russie cette nuit. Ce sont des boutons blancs, pourtant, qui accueillent nos narines frémissantes dans le parfum floral de leurs cœurs désagrégés. L´air de ne pas en avoir l´air, l´air revient sur la pelouse humide d´une rosée anachronique pendant qu´un écureuil compte les rayures d´un lémurien en se faufilant entre ses doigts. Jouer les marmottes au clair de l´eau.

lundi, juin 27, 2005

Immer hunger

Le matin fut frais mais s´est vite détérioré. Les vieux monuments appellent au sommet des ages. On a vite fait de s´habituer à la nuit, courte et lourde comme ce temps qui empêche tout. Fleurs noires de graviers et griffes à l´étoffe. Elle arrive sans que je ne l´ai vu, discrètement, dans mon dos. Coulons comme une lave rougie sur l´herbe déjà morte, une main agrippée aux secrets bien peu gardés, les aveux vains parce que déjà fait, l´autre pendante à ton cou, quémandant la peau qui la retiendra. Ecrasés par la chaleur, dégouliner jusqu´au café et aux souterrains de la ville. Face à face glacé de moiteur. On avait vraiment trop faim, au diable les bruits qui nous entourent. Dévorer des aliments moins comestibles que les précédents mais avec une voracité bien plus animale. Guider des chemins ruisselants, corps meurtri par les voyages au bout du lit, terrorisés sans gène, seulement cet appétit. Intenable.

dimanche, juin 26, 2005

...

… dimanche , que dalle, nada, rien, nicht, verklich nicht. À en perdre l´encre et tous souvenir.

samedi, juin 25, 2005

Les gémissements

J’appelle dans le vide spirituel que l’on vienne me laisser. Et c’est ainsi que rien n’approche, la négation est de rigueur. Tu ramènes un minois exécré par le soleil tapageur d’un été caniculaire comme il faudra en prendre l’habitude. Mais l’été pardonne, au moins pour cette fois. Les formes s’embuent encore et une femme vient, non, elle me dépasse, peut-être que rien ne dure ou peut-être que je suis déjà mort. Le soleil darde ses rayons de plus en plus fort et traverse les matières, je n’y peux rien. Je vois à travers moi m’approche et me dépasse, l’air, lui, s’entasse toujours à un centimètre au dessus de nos têtes, un supplice ou sommes-nous toujours poissons rouges. L’air ne sert à rien ni ne dure, ou nous sommes déjà mort ?
La décharge d´eau froide désagrège mes idées louches. Foncer à la porte. Tu entres en chemise de soie. Je m´habille plus décemment et remplis les verres pour assécher cette soif qui habite les mouvements les plus minimes. Affalés devant la télévision comme deux bouts de lare attendant de se faire hacher. La porte claque et le post grésille en s´éteignant. Le laisser dépérir pour d´autres images plus douces pour les mains, plus lisses pour les joues. Emmailler ta peau à coup de langue ciselée. La ville pleure au dehors, seule et débraillée, son costume pendouillant par la fenêtre éclairée de sa lueur malade. Rester lové au creux des bras inconstants mais constamment là pour soigner la lame et l´âme, les plais insanes et infimes du paradis. Morceau d´extase sur un lambeau de ciel.

vendredi, juin 24, 2005

Fear from desire

Déplacer des dalles toute la matinée pour finir vite et errer jusqu’à ta porte. Les mèches humides et l’odeur d’une douche malencontreusement interrompue par une avance phénoménale de cinq minutes… Et hier, je t’en voulais presque de m’attirer autant quand, aujourd’hui, j’adule les aimants trop collants. Furieuse bataille de fierté sur les fleurs bleu vert minuscules de la décoration. Envolée terrestre au pied de la lettre et aux sommets des rideaux, ce n’est pas si facile de se casser la figure avec tant de dévolu…
Le décor s’estompe peu à peu et la fièvre reste, démons voraces, nous n’en ferons pas toute une histoire, une nouvelle, tout au plus. L’air se rafraîchit enfin entre deux pages en éventail, il existe indéniablement trop de tout et pas assez de rien. Pays riche et enfants prodigues de celui-ci, parfaits modèles de ses affres et ses vices que je ne dénigrerai pas non plus. Trop à écrire et pas assez dit, bouffé par le désastre amoureux d’un Tchernobyl extérieur, je déambule entre l’apaisement et l’impatience sans trouver la bonne corde où me pendre.
Recopier mon image faussée par des reflets qui ne m’appartiennent pas, le métro dégage ses filets de passagers pressés de s’en aller et nous le regardons encore. « Il faudra y’aller » Est-ce tout ce dont on se rappelle.

jeudi, juin 23, 2005

Diode

Les nuages font écran au soleil d’une fin d’après-midi torride. Je rentre en vacillant presque, nettoyer mes toiles funestes, égorger mes araignées si aimées pourtant. Ménager les plafonds pour y retrouver les taches qui s’y mouvaient sans cesse, il n’y a pas si longtemps encore.
La surprise glacée m’éclabousse et aspire les gouttes de sueurs accrochées à ma poitrine, eau froide pour un cœur de nouveau impersonnel. J’ai déjà oublié le nom.
Ce soir sonne comme une bénédiction. Retrouver un corps révélé subitement parmi l’herbe verte et grouillante d’insectes de toute taille, et de préférence microscopique. Nous serons insectes affamés autour d’une table encore, encore une porte. La table des pudeurs anachroniques ; se tenir à distance en soupçonnant le sourire de celle qui a tout vu et suivi attentivement depuis son trône. Echanger des rapports géographiques en déglutissant un pavé de beurre pour faire passer l’amertume d’une bière tiède, pitoyable ou pathétique, à qui l’ tour ? S’enfuir devant les bonnes considérations quotidiennes pour se jeter dessus quelques mètres plus loin, en toute discrétion mal interprétée.. Je m´accroche maladroitemment, la honte est mon domaine et la surprise me gène.
Entamer un tour du coeur comme un tour du parc, en sens inverse comme on remontrait ce temps passé à nous enlacer dans les allées sombres du crépuscule. Te souviens-tu de la neige sur ton manteau, des mains froides contre ta peau, des prétextes qui nous rapprochaient toujours plus encore… Tour du parc et, au fond, le couloir n’a jamais été si sombre. Des gouttes de pluie artificielles et l’on s’enchaîne de nouveau. Des choses simples, "Darling", je voulais te raconter des choses simples… si ça a dérapé, je ne crois pas pouvoir encore le regretter.

mercredi, juin 22, 2005

De[s]generate[ion]

Parler d’éclosion quand les feuilles pourrissent, les bourgeons fanent et l’eau croupit. Hier, j’aurais pu dire demain, mais demain, que dirais-je ? Les néons défilent, les aimer sans savoir pourquoi, les néons brillent d’une lueur froide, c’est sans doute pour ça. Quelqu’un m’a demandé de passer la soirée dans l’une de ces antres ouverte à une certaine catégorie de gens. « Une certaine ». La vision d’être emboîté dans un genre particulier me déplait fortement, mais on ne change pas une machine qui marche, même à moitié.
Les herbes rasées du parc n’avaient aucune odeur. J’ai cru perdre mes sens mais ce n’était que la sécheresse qui nous encourage à rester chez nous. Ce billet, je l’écrit dans le métro pour me désennuyer un peu avant de me rendre au rendez-vous prescrit quelques heures plus tôt. En attendant l’Est, et par-dessus tout, rentrer chez moi.
La musique fait tanguer deux têtes tandis que les autres restent silencieuses. Des gouttes froides parcourent ma colonne vertébrale et s’immiscent entre les reins. Sueur incommodante du métro retour, chaleur insistante et cette fille fait du charme à mes mains en me traitant de « cœur ». Langage barbare pour mes manières de rustre et c’est une Autre qui manque à l’appel de ma maigre volonté. Les néons défilent encore et parfois, j’aimerai m’y brûler. Juste une fois pour voir à travers. Je dévisage plus attentivement le grain de sa peau, c’est vrai qu’elle est douce et laiteuse, tellement que ça en devient soupçonneux. La rame s’ébranle, le train s’arrête ; la gare inondée de cette lueur froide des néons par millier. Etre aveuglé en pleine nuit, je me sens presque terrifié, comment peut-on insister ainsi, avec tant de nonchalance ? Avec tant de dégueulasserie. Se faire caresser dans le sens de poils qui ne sont pas les miens, c’est quoi cette niaiserie, c’est quoi cette affection ; la lumière étreint les ombres et me paralyse. C’est quoi ce langage ?
J’ai été ravie par une poésie anodine, par l’écume d’une encre rouge en pleine floraison, le printemps s’éteignait déjà et l’été prenait possession des désirs comme son image envoûtait mon écran. Les parcelles de mots gâchés grignotèrent mes songes jusqu’à l’abandon des corps, ce fut lent et délicat et aujourd’hui, on me dit « je t’aime » comme si tout était gratuit et on touche mes mains comme des accessoires lorsque, hier encore, une Autre arrachait les lambris de mon cœur en cinq actes mal assurés et terrassait tout orgueil en cinq vœux minuscules. Et tout ou presque dure encore. Le corporel a été ravalé en un instant devant la supplique agaçante d’un parasite, ravalé pour repenser aux vieux démons mordus dans la pierre, à la passion des griffures au papier, aux langues assassines dans la sensualité d’un échange dépourvu de toute texture. A trop te regarder, j’oubliais de te voir, et pourtant ce n’est pas ton image qui m’a cognée dans le désert des toiles où nous nous sommes pendues. Amour désastreux de mots gazeux, envoyés en l’air avec si peu de hasard.
On m’a demandé de sortir ce soir.. Boire un verre, faire un billard, je ne pensais pas me faire coller par une flic en formation, calculatrice sans aucune psychologie, vraiment. Elle rentrera un peu bredouille demain, mais moi, ma syncope pour mon Autre ma faite rechuter une énième fois. J’ai de la chance parfois.

mardi, juin 21, 2005

Musica

Grève des transports en commun dans tous le centre et les environs un jour de fête de la musique. C´est malin. Une seule ligne de métro m´intéressant fonctionne. Grimper à son bord et scruter toutes les entrées de l´autre ligne pour finalement me rendre compte qu´elle ne fonctionnera pas avant demain, et encore... C´est ma chance. En tournant tout autour, je découvre enfin un arrêt où les bus ont décidé de continuer leur trafique et je m´agenouille presque pour les en remercier. Malgré cela, l´attente est longue et je monte dans le premier qui vient, après avoir tout de même vérifié la direction. Quarante minutes pour me retrouver à l´autre bout de la ville sans savoir où aller. La rue que je cherche est quelque part, dans cette périphérie, entre les autoroutes et la gare de bus, les ponts et les voies rapides. Les immeubles et les maisonnettes de banlieue. « Si c´est pas ce chemin, ce sera l´autre ». Je traverse une voie piétonne surplombant l´autoroute d´un pas mal assuré, le crépuscule déverse déjà ses jaunes pâles et son orange léger sur les bâtiments peints. C´était la bonne. Remercier aussi un sens de l´orientation aléatoire mais parfois juste.
Un faisceau de lumière bleu turquoise vient à ma rencontre. Oui, en fait, la fête de la musique sera là l´année prochaine alors qu´elle... on ne sait jamais. Et j´avais pas le programme de toute façon.
Glisser la cassette d´une série, qui me faisait saliver déjà l´année dernière, dans mon sac troué et entamer une promenade m´éloignant de plus en plus de mon seul moyen, le plus proche, de rentrer les pieds entiers. Les rayons enflamment le fronton d´une maison dans notre dos. Flamber à notre tour dans les rues et les détours. Qu´importe le chemin, pourvu qu´il y est ta main… et des trams pour rentrer…

lundi, juin 20, 2005

Esclave de l´amour

Le roman entre les doigts veinés par la chaleur suffocante du zénith. Je ne sais pas ce qui m’a pris de me lever si tôt, mais la forêt paraissait belle, bien plus belle que ce parc peu naturel. Les conifères pointaient leurs cimes inatteignables parmi les nuances jaunes vaporeuses du petit matin, et c’était presque agréable de haleter sous leurs branches rêches en faisant tomber la sueur de ma course sur les épines molles du sous-bois. Une course effrénée vers l’autre pays. La nuit, je crois me souvenir avoir rêvé, des arbres et de l’oiseau blessé, de la roue qui suivait cette route sans fin et sans se presser. C’est toujours un peu le même rêve. Le cimetière aussi, je l’ai vu. Et le sentier et les marques de griffe sur les bras blancs, mais ça, ce n’est même plus la peine de rêver.
Je tourne encore une page en me disant qu’il se fait tard, je t’attends je crois, et je devrais me coller des post-it sur les mains pour ne pas oublier c’ que j’ fais là. Ce serait bête de s’en aller maintenant. Le soleil décline et je vois s’approcher ta robe plus pratique qu’esthétique… Tu t’allonges et chipes mon bouquin pour dévisager d’un œil critique la première nouvelle… C’est du début du siècle, que veux-tu, les auteurs n’avaient pas autant de pudeur…
Oublier le livre en scrutant chacun de tes gestes, tes mouvements, la cambrure parfaitement dessinée de ton dos. Le corps transpire sa prière : « Enchaînes moi encore » et je me moque du désir, le nargue et l’immobilise entre des doigts voulant se faire passer pour experts, mais muets d’incertitude lorsqu’ils se perdent sur les chemins sinueux de nos religions. Je ne crois en rien, même pas en toi, même pas en moi, toutefois, cette église me parait assez digne de confiance pour être fréquentée. Avec un peu plus de dignité, tout de même, même si je suis esclave.

dimanche, juin 19, 2005

Encore dimanche...

...et encore un d’ foutu…

samedi, juin 18, 2005

Ashamed

Marcher bras dessus, bras dessous quand il y a une heure à peine, je n’osais pas même m’approcher de toi. L’accolade des camarades dans les rues déguisées, ce soleil nous tuera moins vite que prévu et il y a tant de façon de mourir. A. et J. se démènent sur la techno modernisée de la boîte la plus pourrie, habituellement, du milieu.. Mauvaise foi et traînement des pas, un garçon cherche des yeux la perruche qu’il plumera le plus vite et l’on se colle obligatoirement dans la masse compacte des corps en sueurs. Qui cherche encore l’autre, le moi immobile qui nous fera pâlir de gourmandise… Cœur solitaire dans l’élan de solidarité, la fille là-bas, qui la voit, qui voudra l’emmener je ne sais où mais je sais pourquoi, hein, qui voudra ?
Je m’accroche à toi, mal à l’aise, pas assez d’air, compatriote désarçonné par sa propre monture, tu sais combien j’aimerais déambuler dans ces rues sans la foule de leur rire, sans leurs masques de fête, ces mêmes rues si agréables sans les tambours des fanfares. J’ai l’impression d’être plus exhibé encore entre les murs des peaux dégoulinantes et des rythmes mesurés que si j’avais été nu. Et toi, dis-moi, qu’est-ce qu’on cherche là ?
Le défilé prend fin, enfin, s’asperger avec joie à l’une des fontaines de la place rouge, tout cela n’est pas très patriotique. Les deux gays luronnes, qui nous accompagnaient tout à l’heure, nous rejoignent et nous embarquent dans un métro en crise. Je voudrais me cacher tout au fond de la rame, ne pas voir les visages et encore moins le mien. Et toi, dis moi, pourquoi j’ai honte au fond… pourquoi pour ça.
La terrasse du café s’est colorée de ballons arc-en-ciel. Entre des murs encore. De vrais murs, incolores.
Profiter un peu mais pas vraiment, encore à la recherche d’une nourriture peu divine et nous voilà, pliés en deux, les doigts tordus, à mastiquer des fous rire.. Le défilé, en fait, on s’en fiche un peu, la fête de quartier aussi, les couleurs et l’arborescence de drapeaux rainbow, oui, je m’en fiche et quelle importance.. Nous pivotons entre les poteaux pour hésiter devant le Marais, à qui le tour de sonner… Rentrer doucement et s’affaler dans les canapés seventies éventrés. Quelle importance…

vendredi, juin 17, 2005

Flemmardise flagrante

Je crois en l’animalité de l’Homme, en des instincts corrompus par sa propre évolution, comme tout animal. Cette perception première n’est qu’une base créatrice sur laquelle, tous, nous avons été forgés, animal comme être humain. L’instinct qui ressurgit à tous moment est une couche de peinture ne s’écaillant que pour laisser l’évolution poursuivre son cours banale. Existe-t-il des « génies » ? Non, le talent, fibre imperceptible, est une ligne sur laquelle tanguent des corps, parfois stagnants, et évoluant elle aussi au bon vouloir de son possesseur. La comparaison pourrait s’étendre jusqu’à la ligne de cock que l’on sniffe ou que l’on complète et grossit.. c’est selon…
Des génies, il n’y en a pas eu et plus encore, il n’y en aura jamais, c’est au talent instinctif que je me voue par inadvertance, le talent, cette ligne fine et désuète, formée d’animalité et de corruption pour ne pas dire de « travail ». L’acharnement de la création développe les symptômes de ce que l’on appelle trop vite « génie » mais je me comprends et c’est essentiel, après tout, tous les génies sont des incompris.

jeudi, juin 16, 2005

Simple mind

Soleil de plomb, les contours s’embuent jusqu’à évaporation. Encore un peu et c’est le tournis qui l’emportera sur la bêtise. Légèrement vague, à peine plus qu’hier, à peine. Les dimanches seront saints lorsque tu partiras et qui sait si ils auront tant d’importance, « encore une semaine, après on verra… ». Après tout.
Une cour se dévoile derrière l’enceinte brune passée, la fontaine déploie ses bras humides dans son bassin de pierre plutôt claire. J’admire le lieu en maudissant le monde qui s’agite tout autour. De jeunes gens flânent en échangeant un anglais de verdure, contournent le bâtiment et font des demi-tours. Tu sais qu’on ne ressemble à rien sous nos casquettes. Je me sens moche à l’intérieur, bouffé par des vers moisis dévorant la chair encore potable de mes intestins et recrachant des filaments presque faisandés. Mais lorsque je me retourne, tu es déjà rentrée.
Le parc respire mal, un poumon atrophié et un esprit de jeunesse peu glorifiant. Rentrer, rentrer, dans n’importe quoi, de préférence un platane, sur le bas côté de la route. Je n’aime pas la prétention des hauteurs.

mercredi, juin 15, 2005

Grelot

C’est presque flou, encore. Et pourtant j’avais du mal à contenir une petite toux du cœur. Légère, un bruissement, dissipé peu après. Légère. Les espérances viscérales s’embuent, se frôlent, se tapent dessus. C’est tant mieux, en fait.

mardi, juin 14, 2005

Réclusion Passionelle

Les portes s’ouvrent, je vois la queue s’étendre dans le couloir… mais je patiente comme d’habitude pour enfin entendre, en m’immobilisant devant le bureau : « il manque un papier, j’ peux pas vous inscrire. » Toh ! Je repars, la feuille jaune criard, que je ne pouvais pas donnée, bien sûr, ne l’ayant pas reçu, tordue dans la main. Un coup de signature et une vérification totale cette fois, et me revoilà dans cette oh surprise ! Plus personne pour gigoter devant moi en énumérant ces affres sexuels et sa tendance à oublier Franck lorsque Seb passe devant avec ses fesses bien moulées dans son jean diesel. Cinq minutes supplémentaires et le calvaire est terminé, en attendant demain ou quelque chose de pire, qui sait.
Tu es là, quelque part, je ne sais plus où, entre une carte et un stylo ou entre deux automobiles. Assez de rodomontades, tu vas réussir, bien sûr, tout l’monde réussit, même moi. Presque.

dimanche, juin 12, 2005

Marinade

Si ça n’avait pas été pour elles, je n’y serais pas retourné avant longtemps. Je me sentirais presque le gigolo de ces dames, sauf que.. Ce n’est pas moi qui ferais le beau. Encore ce bar et encore ce soir, le soir, la nuit. Je repense à la camomille en souriant, ce rôle là m’allait bien, mais faire le pépé tout en s’alitant pour des raisons peu catholiques n’est pas au programme du jour. Ni de cette nuit. Les heures filent, je m’envole, une douche et un coup d’fil, le soleil qui s’défile, je touche enfin le sol. Poésie de cabinet en les attendant, trop impatientes mais trop ingénues aussi pour y’aller seules et savoir ce qui les attend. Le royaume de la nuit gay. Quand j’ai découvert ce que cachaient les portes blindées de quelques clubs, j’ai vite déchanté pour ne pas dire que ces nuits furent rapidement désenchantées et parfois pires. Comment admettre que la plupart des stéréotypes attribués aux membres féminins de cette « communauté » ne sont que tissus de vérité ? Après une rupture dévoilée sur la piste et terminée en commérages aux toilettes, je m’apprêtais à fuir les pervenches cuites dans une semi léthargie technoïde quand je dû servir de cloison étanche entre une « butch » de la banlieue exhibant fièrement ses origines HLM et l’une de mes deux ‘protégée’. Non, vraiment, la prochaine fois je prends un roman…
Les cinq heures mirent un temps fous à arriver et la salle en fut d’autant plus rapide à se vider. Ne jamais dire jamais. Nous continuâmes, l’une à l’affût d’un hypothétique kebab, l’autre grelottant dans la fraîcheur du matin. Ayant prévu la faim, je grignotais le petit pain que j’avais fourré dans l’une des nombreuses poches de mon pantalon qui tenait à peine en place avec toutes les breloques utiles ou non que j’y avais fourré pour la nuit. Des folles, au sens propre du terme, traversèrent la place en hurlant leur joie de vivre et nous ricanions, les bouches pleines de thons et de fromage, encore sous le charme de Dalida et d’un certain « Freedom ». Après tous.. ce n’est qu’une boîte pourrie, pas la peine de s’en faire.
Le métro réconfortant de la ligne A nous déposa sur la place rouge que nous n’eûmes pas le courage d’admirer, ni même l’idée d’ailleurs.. Changer de direction, lancer un « à la prochaine » hypocrite et retour à la maison se faire une tisane camomille. Non. Le chat attend sagement sa pâté tandis que je prépare un simple café. Encore un tour dans les conifères, l’odeur des brindilles coupées et la terre humide d’une douce rosée. Pépé…
La douche finale pour laver les excès et je rejoins enfin le livre alangui sur le bureau.
On est tellement mieux chez soi...
Pépé, vraiment.

vendredi, juin 10, 2005

Smalltowngirl

Langage abstrait et virevolte des états d’âme. Les vieilles pierres s’accrochent à mes tissus défraîchies tandis que j’attends, tapi, l’approche de ma proie. Pour une fois que le sommeil m’a laissé pour mort si tôt. L’attente ne fût pas longue mais déjà je saigne d’un coup dont je ne considérais pas la puissance, un coup à l’âme, un coup à l’homme. Au fond, j’aurai toujours un peu honte d’aimer les femmes plus qu’en tant qu’amies. Alors c’est l’homme qui prend, et c’est pour lui les coups, c’est pour toi, scélérat, pourquoi ne puis-je être à ta place ? Mais ma proie s’arrête déjà et s’accroupie sur son nouveau territoire. Je rampe presque pour atteindre ses épaules bientôt brunes et croustillantes et dérape pour enfoncer mes griffes dans la pierre. La prochaine fois, je te mordrais sans faille.
Impossible de se concentrer sur ce roman abominablement délictueux lorsque sa respiration marque sa présence, dans mon dos ou sur le sien, impossible de ne pas vouloir croquer à nouveau la peau de mes désirs. Autant abandonner tout de suite… Et la croquer sans laisser de miettes.
Le grincement du téléphone nous sort d´une étagère pour nous balancer en pleine jungle sexuelle.
Le bar s’électrise de couleurs bleutées. Un peu comme avant, un peu pâle ou rouge, c’est encore la honte méchante d’être là, la rage contenue d’être de retour, chez soi. Oui, ici nos bouches ne sont pour personne d’autre que nous, et l’on se dit fière de se terrer dans ces bar débridés où tous, nous perdons nos illusions pour en consommer d’autres. Piètre fierté, piètres bonshommes enfarinés sous le fard noir des portes de la nuit. Piètre homosexualité.

lundi, juin 06, 2005

Der Sturm

Les ruines recueillent de tisons violacés enlacés sous les tilleuls. Pause.

Avant les secousses.

Un piano s’aiguise dans les sous-sols, attendre patiemment les réponses en extirpant de mes poches des miettes de pains millésimées. L’orgie finale, le grand rassemblement, l’asphyxie du monde et bizarrement, je n’avais pas si peur.
Un piano s’aiguise dans les sous-sols, en divaguant légèrement sur les songes, sombrant sur une mauvaise marche et sursautant hors des ténèbres. L’éclatement nébuleux d’une triste fête déjà mangée par les creux.
Je reste un reste. Mais je reste.

vendredi, juin 03, 2005

Faithless

Psalmodier à tout va dans un tohu-bohu de chips écrasés et de verres craquelés. Tout est dans le titre que l’on se donne. Le vacarme fait fuir les corbeaux occis par la chaleur des ritournelles, ils vont et viennent sans valse pour rythmer leur échappée. Goudron clair en croyant que tout est vrai et tomber nez à nez avec l’étrange lourdeur du sol tout en rêvant à une bière bien fraîche. Il est des titres discutables.
Une odeur de poisson cuit monte par la cheminée de l’escalier, il y’aurait toutefois des chairs grillées plus appétissantes, mais le titre n’est pas donné. Discutailler en laissant d’autres parler, des vies, des siècles, sont-ce toujours les mêmes odeurs ? Les services olfactifs bouchés par la faim, puis par le trop plein.

jeudi, juin 02, 2005

Last days

J'avais pas vu le mur. Une journée exigue, coincée dans le rayonnage d'une autre année, d'un autre siècle. Y'a que le nombre qui change. Dès le matin, je traînais sur les quais, à la recherche de quelque chose qui soit utile, pour une fois. J'ai dit que je ne changeais pas. Traîner le cafard virtuel de connivence avec les mains pendantes. M'engoncer dans tes pores, imperceptible cours parmi d'autres. Les histoires accouchent d'Histoire. Et ainsi marche le ver, dirait un badaud hydre. Tordu d'inactivité, parcourir l'asphalte jusqu'à plus froid. La bière gloutonne dégomme ma gorge sèche comme tu l'apaise en pressant tes lèvres rosées sur ses anneaux. La mixture tournoie, un peu d'ombre éclabousse en une multitude de papier à l'encre rouge la terrasse pourtant calme.
Promenade du soir pour vieux amants, l'air est dur, le soleil haut, et ta main guide d'autres pas que ceux qui nous précèdent. La rivière éplorée ramasse ses enfants raidis dans son courant, éléctricité tacite des animaux dédaigneux. Et je n'ai d'os que pour cet échafaud foliacé feignant l'affidée qui m'ancrât à ses ramures. Une autre bouche l'emporte vaquer à ses devoirs.
L'antre sombre d'un cinéma accueille mes membres hagards pour une dépression d'instant, l'autre s'affaisse par terre après avoir mi-galopé, mi-titubé dans un bois de feuilles bien souvent mortes. Le crissement des cordes me rappelle ce langage incompréhensible de l'ennui de jeunesse et des flux saumâtres antédiluviens. Un rien pète.
Les visages étaient penchés sur l'étang de la voie ferrée. Plus qu'un sifflement, et c'était hier déjà.