lundi, février 28, 2005

Babylone

Zinowitz roule son wagon dans mes os. Flotter dans un bain froid, sueur le long des tempes, aux creux des coudes, perlant sous les yeux. Fièvre brûmeuse sur mon tombeau.

Ouvert au quatre vents, sillon des arbres blancs, s'enfoncer dans la forêt en vascillant.

dimanche, février 27, 2005

Brechen.

Planter au coeur, au milieu du lit. Cage thoracique/prison, les poumons recroquevillés dans un coin de cet intérieur. Mal au coeur et sifflement de la respiration.
J'ai peur d'oublier de respirer en dormant.

Planter devant l'ecran pour ne pas etouffer.

Night Creatures



Ponton où ancrer mes corruptions..
Satanées lumières sombres, saltimbanques dans un couloirs. Serrer des contradictions, jouer le vil démon et la pêcheresse langoureuse. A bas les masques, visages compromettants...

samedi, février 26, 2005

Papilles hautes

Si je n'entrais plus dans des vies différentes, que deviendrait mon personnage ? E. m'a griffé le papier en ayant l'air de ne pas m'entendre. Elle est totalement étrangère à tout ce qui l'entour depuis son extraction du drame. Pourtant c'est elle qui m'a instruit au crayon coulant.
Mon personnage s'affronte seul sur scène maintenant. En déclamant ses refrains bruyants, il a raté une marche. En bas, pas un chat. Un animal, canibal dévoreur et des poussières fluides. Mais plus rien d'autre. Que cherchais-je d'autre. Entrer dans un monde de saveurs parfumées, murs jaunisses, plafond roussis.. Silence violé, encre barbouillée, la nuit tombe déjà.

vendredi, février 25, 2005

Ecarquillement

Partir pour un CD, rentrer avec un livre. Partir pour Manor Freaks, rentrer avec Emile Michel Cioran... La différence est là.

"Une fois qu'on a compris, le mieux serait de crever sur l'heure. Qu'est-ce que comprendre ? Ce qu'on a vraiment saisi ne se laisse exprimer d'aucune façon, et ne peut se transmettre à personne, même pas à soi-même, de sorte qu'on meurt en ignorant la nature exacte de son propre secret." extrait d' "Ecartelement".

Encore un exemple de ma non-originalité philosophique: j'ai un avis sur tout ce qui a déjà été dit mais je ne le sais pas encore...

jeudi, février 24, 2005

Antifaschismus.

-Schrei nach Liebe-

Du bist wirklich saudumm, darum gehts dir gut
Hass ist deine Attitüde, ständig kocht dein Blut
Alles muss man dir erklären, weil du wirklich gar nichts weisst.
Höchstwahrscheinlich nicht einmal, was Attitüde heisst.

Deine Gewalt ist nur ein stummer Schrei nach Liebe.
Deine Springerstiefel sehnen sich nach Zärtlichkeit.
Du hast nie gelernt dich zu artikulieren
Und deine Eltern hatten niemals für dich Zeit
ARSCHLOCH!

Warum hast du Angst vorm streicheln? Was soll all der Terz?
Unterm Lorbeerkranz mit Eicheln, weiss ich, schlägt dein Herz
Und Romantik ist für dich nicht bloss graue Theorie
Zwischen Störkraft und den Onkelz steht' ne Kuschelrock- LP.

Deine Gewalt ist nur ein stummer Schrei nach Liebe.
Deine Springerstiefel sehnen sich nach Zärtlichkeit.
Du hast nie gelernt dich zu artikulieren
deine Eltern hatten niemals für dich Zeit
ARSCHLOCH!

Weil du Probleme hast, die keinen interessieren
Weil du Schiss vorm Schmusen hast, bist du ein Faschist!
Du musst deinen Selbsthass nicht auf andere projezieren,
Damit keiner merkt, was für ein lieber Kerl du bist.

Deine Gewalt ist nur ein stummer Schrei nach Liebe.
Deine Springerstiefel sehnen sich nach Zärtlichkeit.
Du hast nie gelernt dich zu artikulieren
Und deine Freundin die hat niemals für dich Zeit
ARSCHLOCH!

Die Ärzte

mercredi, février 23, 2005

Geheimnisvolle Aura

Reflexes rouillés. Je ne sais pas réagir.
Tout les matins pendant sept mois, j'ai prié pour une révolution planétaire. Astrologue des rêves, pendant sept mois, j'ai hésité en formulant des prières complexes et diverses, toutes pour un même sens. Semblable, tu as tout détruit, conquit, construit. Je suis fais de toi.

En un matin d'hivers pourtant. En un matin, tout était encore à déménager, à installer, à s'approprier. Révolution de tes anneaux autour de mon cou.
Ce n'est qu'après coup que l'on s'enfuit. Un matin d'automne froid, j'ai prié pour que tu ne dévastes pas mes restes d'humain,maugréer contre l'enfant de mon plus doux malheur et dégoût d'une chair répugnante, lambeaux entre nous.

Par un matin déroutant, la lune n'était pas encore pleine. Par un chemin tortueux, on s'engage sans se soucier de sa fin, prière pour que l'on ne se soucie de rien. Prière d'une longue nuit ancrée à ton pays de parfums et de fruits, jeunes pousses de peau tendre. Une prière maladroite pour mes gestes maladroits. Je suis un ingrat et me moque encore de toi.

Dépaysager les matins d'hivers lent.
Wir haben geträumt - es war eine lange Nacht; ich wünschte, wir wären niemals aufgewacht.
Lever le soleil du bout des doigts, blasphémer en oubliant les prières sacrées et se silencer dans un tiroir de fusain. Tes traits sont blancs, semblable, tu as l'écorce fragile du monde et de ses soupirs enraillés. Des matins hasardeux se sont imbibés de matières translucides, pour l'élégante intouchable, je n'étais pas si faible. Miettes de mythe mais je ne t'ai jamais prise pour une déesse, pantin pantine. Semblable parmi des fresques anciennes, elles s'effacent, elles aussi. Tu les effacent peu à peu comme tout est si léger.

Ce matin, le poids du rien sur nos épaules frèles. Nous ne sommes pas plus fort, semblable.
Nous ne sommes pas plus fort.

Helle Hebung

Hésiter entre des débuts de pages


et je ne sais pas comment.
Comment venir à la vie. Je t'aime. Toi l'écorchure.



Comment ne plus se cacher.et des fins.

Où dois-je t'emmener ?



Et nous nous cachons encore. Nous sommes étrangers.





Dans un univers commun.





Fusiller la honte. Mais nous savons trop bien nous cacher. Où dois-je t'emmener ?

mardi, février 22, 2005

Red and grey

Tempérer les erreurs sera la dernière chose à faire.
Source fraiche de peau tendre, parsemer des raisons sur la toile du ciel mauve. Perpetuer l'essence des fleurs craquellées par le froid. Fumée bleue sur la vitre. Peinture écaillée face à la tour de Babel. Chacun suit son cours sur cette tour, chacun suit son cours jusqu'à ce que l'on tempère les erreurs. Quand elles seront usées, vieilles et inutiles.
Frivolité des anges crachés. Cliquettis d'une porte ouverte. "J'ai oublié, j'ai oublié !"

lundi, février 21, 2005

Gargouillis

Petite marge blanche. Aller-retour sans sens. Serrer des yeux dans une couleur. Nuit soudaine, flagellement ravivé.

dimanche, février 20, 2005

Wenn es abend wird

Quand la lune brûle nos espoirs minuscules et l'hivers embrasse notre chair cramoisie.

Du fin fond de la nuit, j'ai dit que j'avais mal aux yeux. Le nez qui picotte, c'était un prémice de rhume. Les doigts tremblants parce qu'il fait trop froid. J'ai mal aux yeux devant cet écran, j'ai dit. Fallait-il me justifier devant moi-même...

Quand la lune brûle nos espoirs minuscules. Eclosion ankylosée, j'ai dit.. Etait-ce moi ou elle. Elle m'a tellement poussé à écrire que je crois qu'elle m'a dicté la moitié. Elle et ses fantômes, son fantôme, ce fantôme que je n'ai jamais vu. Elle m'en a tellement parlé que tout ce que je pouvais faire était de devenir cet esclave d'un fantôme lointain, une dépouille sans corps.. Elle m'en a tellement parlé que nous ne voyions plus lequel vit quelle vie. On se confond, parfois. Et je ne voulais pas lui ressembler tant.
Son erreur, j'aurais pu la répéter mais nous ne sommes pas les mêmes.

Quand la lune brûle la peau de l'espoir minuscule, elle ne fait que la réchauffer.

'La bulle de savon, celle qui flotte sans raison. Ta bulle d'espoir sans nom. Celle que tu fais volé à travers ta maison, tu veux qu'elle monte toujours plus haut, qu'elle te reflette tant et tellement que tu t'imagine pouvoir entrer en son sein.
Ta bulle d'espoir, elle est allée décorer les murs de la salle de bain.
Ta bulle d'espoir, elle a éclaté en plein vol. Oublies moi, je ne suis plus.'

Quand la lune brûle nos espoirs minuscules et l'hivers embrasse notre chair cramoisie, nous revêtons la pluie de nos larmes chaudes sur nos inepties.

Grau


Journée incomprise
Lenteur incomprise. Absoudre les subsistances. Patienter gentillement l'alégresse.
Sècheresse du crâne.

samedi, février 19, 2005

Nostalgia

Résonnances en fond d'écran. Crâne bousillé à l'extincteur. J'ai éteint mes lumières.

Il y a la musique des années soixante derrière moi. La musique que j'ai entendu un jour, dans un bar enfumé, deux trois poisquailles papottaient tandis que je finissais mon texte en m'embaumant du parfum de ma voisine. Mais ça n'a rien à voir.
Résonnances, je les reprends. Elles sont là, au fond d'un crâne bousillé à l'extincteur, cogner l'interrupteur. Intervention d'un casseur d'opinion, en râlant sur lui, j'égraine une fuite possible. Pas d'avenue. Clostrophobe dans un bus, j'ai les résonnances en voile brûmeux sur les yeux.
En tâtonnant le mur, je suis tombé nez à nez avec un vieu portrait. Celui d'une ville écroulée. Des punks se tappaient dessus et j'étais pas né assez tôt pour que ma nostalgie soit aujourd'hui justifiée. Je suis prisonnier d'une ville, tu comprends ?
Pianoter sur le bureau. Doigts tremblants seuls, le froid dans les veines, j'ai ce sang prisonnier de là-bas. Ce serait plus un fantasme qu'un rêve. Un but que je m'impose, mais je déteste cette ville. Comme j'ai toujours tout détesté. Comme je t'ai haï, comme toute chose que l'on aime. Comme.
Résonnances de mots inconnus. Tous les mots sont inconnus, comme. "Comme".
La musique des années soixante tourne toute seule, maintenant. Je suis descendu voir l'eau sale. Des scènes résonnent sur son reflet. Tout se ressemble depuis des années.
Raisonner l'ignorance. "Crétin!"
Reprendre en sens inverse et rentrer dans un cocon en tremblotant toujours autant.
Eteindre mes lumières.

vendredi, février 18, 2005

Paroles, paroles, paroles..

Fentes diaboliques de l'avant. Elles se sont approchées.

J'avais l'estomac noué après t'avoir croisé. Vague à l'âme dont je ne crois pas en l'existence. L'Âme peut bien aller se rhabiller, juste un chagrin, chagrin d'enfant, impossibilité, je me sens incapable.
Fond gorgé d'eau. Chacun a sa vie. Continuer à marcher même si j'aurais fait demi-tour, même si. On dit qu'on s'en fout et on parle, on parle. On dit qu'on s'en fout mais jamais on avoue. Et on parle, on parle.

Elles se sont approchées. C'était des amies, nous sommes étrangers mais. Elles se sont approchées et j'étais seul à pouvoir répondre. Je comprends maintenant.
"On a bien changé, n'est-ce-pas ? Tu as le droit de ne pas croire, mais aide nous." Et je vois leurs doigts s'accrocher, une prière pour quoi, pour qui ?
Elles se sont approchées et j'ai pensé à cette période. Les refus, la haine, la "communauté", l'air qui siffle entre les oreilles et puis: "j'ai un peu abandonné. Je peux vous aider mais n'allez pas croire que ce sera mieux de l'autre côté." Il n'y aura pas de fièrté à avoir. Ce n'est pas une raison pour se laisser blâmer. Je commencais ma thèse sur le regard des autres, l'acceptation de soi. Mais ça, j'n'y croyais vraiment pas. J'ai dit que je m'en foutais mais je n'oserai pas te regarder. Et on parle, on parle...

Sirop


A.M.S.

Nuit agitée de rêves livides. Gueules défoncées de gosses aux os bleus. Les orbites vides. Seulement la peau translucide sur leurs os bleus.

jeudi, février 17, 2005

Dominus

Je suis un clown. Un clown tristement bienheureux et mon royaume recouvre celui des cieux. Mon château est imprenable, j'y fais la loi et le fou, le bouffon et le roi. J'y suis l'unique et l'héritier, le gouverneur et le gueux.
Je suis un clown. Enfermé dans un rêve. Ma reine a jeté la clef. Ma reine m'assassine chaque soir. Dans ses draps blancs de soie, par amour, me crie-t-elle, par amour... Je vis toujours cette même pénombre. Ma reine m'assassine chaque soir, quand cela va-t-il s'arrêter ? Je ne suis qu'un clown triste pourtant...

Je suis un pantin, si, un pantin maladroit éprit d'une poupée de porcelaine. Mon maître est un bouffon et me gouverne, ordonne chacun de mes gestes. Mon maître est un clown et je suis le pantin de ses désirs incertains. Quand la pénombre vient, il me sert contre ses grelots et tremble. Je ne sais si c'est de froid.
Je suis son pantin, tournant autour de ses auréols, il les a collé avec sa propre salive hurlant: "Grâce, ayez pitié de ma mélancolie!". Son ombre recouvre mon visage pâle qu'il dit fragile.
Son ombre est celle d'un orgre, et j'ai parfois peur qu'il m'englobe à jamais. Mon maître est un clown à la grimace répugnante et quand ses lèvres se tordent de douleur, je le trouve si séduisant.
Il me dirige vers la poupée ou m'éloigne d'elle, son rire est insensible et je crois qu'il a peur, qu'un jour je le quitte, mais il est l'unique. La poupée reste glacée, je sais qu'elle ne vivra jamais et je ne suis qu'un pantin sans vie, moi aussi.

Mon maître n'a pas de richesse. C'est un bouffon, un clown édenté, un joyeux cinglé. Mon maître est un clown et seul maître de son royaume. C'est un idiot, un méprisant, un roi déchu, une âme assassinée.
Mon maître est fou à lier !

mercredi, février 16, 2005

unhurt, unfall

Mon écorchure a les yeux doux de la jeunesse plaisante. Billes enfantées à la pluie comme on enfante une planète. Ses anneaux circonflexes se font rotondités sous mes caresses.
Mon écorchure a la grâce de l'age tendre d'une blessure. Je l'ai haï, l'ai banni, pour courir sur son orbite dès le rideau tombé. Facétie de ses faces cachées.
Mon écorchure est à ma vie ce que le rêve est à ma nuit. Epoustouflant et évaporé au matin, chagrin de ne pas être pris dans l'une de ses tornades. J'en viendrai à éprouver de la jalousie pour les dix grammes de soie qui me séparent encore de ce fruit de désir infini.
Mon écorchure a barré ma trajectoire et m'a perdu dans ses courbes. Pliure de ses lèvres pour barrer mes mots, ceux qui se sont barrés bien loin quand sa bouche souffle ses feux félins. Barboter dans une douche d'inconnu, bien trop peu, siroter à sa bouche la félicité des gens heureux.
Mon écorchure a la démarche aléatoire, patte de chat douce, sur mon coeur, à sa portée. Un coup de griffe et elle chiffonne les amours tristes, tendre démone.
Mon écorchure a la saveur du péché, que conscient de sa vertu, je m'empresse d'aquitter. Friandise et bonbon glacé, explosion de couleurs qu'une supernova a abandonné à moi.
Et je voudrais que mes mains admirent ses courbes esthètes sous toutes leurs facettes.

Lune inconstante, te voilà.

mardi, février 15, 2005

bémol


Suzanne et ses idylles se jouent sur un cistre

lundi, février 14, 2005

Schizophasia

Schizophasia
L'eau morte sur les gersures du ciel. Reflets sur le petit cours d'une rivière brune. Pierres mortes enfoncées dans la chair de l'eau. Demain, il faudra que tu partes et je ne ressens rien. Fond de guerres historique. Nos mauvais souvenirs se sont ternis, errosion naturelle de l'ennui intuitif. Je voulais retourner à une perception première, au bord de mon bassin. J'en pensais trop de chose. On s'use à trop s'ouvrire.
L'eau morte a ce relief de notre vie parcourue par des soldats fantômes. Pierres mortes de notre édifice qui s'est effrité lamentablement avant de tomber en ruines et je n'éprouve aucune rancoeur. Le spectre de douceur flotte sur ce miroir d'eau fanée. Un spectre incompris. Il est de ces génies dont on oubliera pas le nom mais dont les faits s'affaisseront sur des pierres mortes.
L'eau morte a cette lueur terne, la même qui, aujourd'hui, agrémente nos yeux. Il faut laisser partir le cours des choses.
Les lances transpercent ce ciel sacré. Ce ne sont que des arbres. Amochés. Ce ne sont que des arbres. Et quand l'industrie nous aura ouvert le ventre, et quand les canons tireront sur nos enfants, où seront les espoirs que nous avions adulés ?
Noyés dans une eau morte. Cimetière d'une ère nouvelle en laquelle nous croyions. Il fut un temps. Cimetière où mes orbites sombrent aveuglément.
L'eau morte a une odeur pourrit, l'eau morte est révulsante, et je reste à son bord pourtant. Il faudra que tu partes, il faudra que les éboulis ne retombent pas sur nos mains accrochées. Il faudra se déchirer et je n'éprouve aucune rancoeur.
Moi, le reflet enfantin de l'adulte penché.
Nostalgique.

dimanche, février 13, 2005

Eva



Délier les bras sur les arbres sombres. J'aurais pu tomber.

naissance



Leva la tête. Soupira ses voeux. Les ailes décrochées pour de mauvais songes

samedi, février 12, 2005

Creux du coeur.

La pluie perlait au bout de son menton.

Hier, le petit frère m'a réveillé en plein rêve. Il s'est encore posé là, sous ce soleil anachronique et m'a dévisagé pendant des heures. Le petit frère regarde tout le temps ainsi. Quand l'orage passe.
Parfois je me demande, pourquoi il a ces billes noirs à la place des yeux.
Il a regardé l'heure et est rentré avant moi.
Hier, je souriais bêtement sous ce soleil anachronique et un nuage m'a réveillé.

Ses cheveux formaient des cercles autour du front.

Hier, les cris de bêtes se sont dissipés lorsqu'un arbre m'a enlacé. J'avais l'écorce sur la peau et une sève visqueuse dans la gorge. Et les frissons glacials dans le crâne, des impulsions glacées qui donnent cette impressions de tirer sur le cuir chevelu.
Hier, j'aurais pu shooter dans ces foutues volailles qui jacassaient tout près.

La pluie froide rougissait son nez. Est-ce que la pluie avait honte ?

Heute. Er schaut mich an zum lezten mal. Es ist was er immer flüstert. Aber glaube ich nicht mehr was ich gesagt habe.

La pluie perlait au bout de son nez, et je l'ai trouvé plus jolie que jamais. Mais, moi, j'en avais honte.
Ce soir, rentrer dans un cocon. Morsure au creux du corps.

jeudi, février 10, 2005

Am Ende

Elle n'a rien dit. Et j'étais vraiment bien sous ce soleil là. Et elle. Elle a rien dit.
Sous ce soleil là. La chance d'être né du "bon côté".
En fait, je m'en foutais.


"-dis l'enfant. Aurai-je le droit de t'oublier parfois ? Quand tous nous auront enterré, quand les fruits seront pourrit, quand les nuages s'en iront, quand le matin sera calme, la nuit brillante, quand tout aura changé, quand rien n'aura disparu, quand tout ne recommencera plus .
dis l'enfant. Aurai-je la place pour ne pas t'emporter ? Quand chacun ne sera plus qu'un, quand les forêts recouvriront notre corps, quand l'eau sera du lait et le pain de la chair humaine, quand les insectes ne voleront plus, quand les fleurs seront écloses à tout jamais, quand la lune sera symbol de vie, quand tout ne recommencera plus.
dis l'enfant. Aurai-je le droit de ne pas t'écouter ? Quand tes cris seront étouffés, quand la sève sera moite, quand plus personne ne pourra dire "c'est ma faute", quand l'aurore n'aura que notre tête à entourer, quand il se fera le temps de ne rien y gagner, quand tout ne recommencera plus.
dis l'enfant. Aurai-je le ciel pour tes yeux et la terre pour ton corps ? Quand tout ne pourra plus terminer, quand les echos se feront mélopée, quand l'ivresse nous bercera, quand l'écorce nous couvrira, quand nous goberons notre angoisse et que nous recracherons des pierres. Quand tout ne recommencera plus.
dis l'enfant ?"

L'enfant est trop grand pour ces choses là.

"-dis l'enfant ? Tu me répondras avant ?"

mercredi, février 09, 2005

Novo

Tout recommencer depuis le début. Comme on recommence un travail mal achevé, comme tout est inachevé. Alors, on radote déjà à trois ans ?

Après tout..


Prière des roseaux caressés par le vent doux des landes dorées. L'eau scintillante parait d'une clarté pointillée; et c'est ainsi que tout démarre.
La bicyclette suit la route déserte. C'est une île ou une montagne... La falaise vertigineuse et ce lac si calme font irréels tant ils sont proches. Les rayons des roues font un léger bruit de roulement berçant dans ce calme apaisant.

Souvenir des grandes populations tanguantes au travers des rues bondées de cars, d'autos pétaradantes, de taxi colorés et autres farandoles grouillantes dans leurs mouvements incessants. Le bruit de la ville dont le besoin se fait ressentir lorsque l'on veut apprécier, à sa juste valeur, ces pentes douces, délaissées de toute agitation. Bruits de la ville bien éloignés, abris de campagne marine.
Route désertée. La bicyclette suit sont chemin, continuel, l'issue n'a pas d'importance. Un vol d'oiseaux sauvages donne un aspect de carte postale, celle que l'on pourrait envoyer pour dire à ses collègues de bureau :" ces vacances me font le plus grand bien, j'espère que vous n'êtes pas trop surmener au boulot...". Prendre l'air goguenard en envoyant des photos presque sentimentales... mais il n'est même pas question de vacances. Un aperçu de vie dont on a pas voulu, dont la rareté faisait défaut.

L'eau se fait proche lorsqu'une envie nous prend de détourner les chemins tracés. Cahoter en essuyant les flaques de la dernière pluie, boue bientôt sèche sous ce soleil loin du paradis, trop lisse. Soleil bienfaisant, juste chaud, à point, disent certains. Grand quignon de pain rond, croustillant les brindilles d'herbes où chaque corps peut trouver le repos d'un ange. Repos délaissé, lassé de s'enlacer dans nos autoroutes surchargées. Herbe douce et tendre au creux des roseaux charmeurs. Mélopée sucrée pleine de langueur, vive quand un rossignoles se cache à l'intérieur de la botte de tiges longues. Vivifiant. Et si peu d'importance.

Etendre la main le plus loin possible et gouverner le ciel. Fils de lumière sur la joue, caresses, caresses, tendresse de l'atmosphère gonflée par des poumons irréels. Gonfler des voiles de pêcheurs. Les eaux du lac dorment bien sagement quand tout autour sent une vie minuscule. Libellules et bientôt, les lucioles s'éveilleront. Grelot d'un criquet évanouis dans la forêt. Prendre la vie de son côté minuscule. Prendre tout à la légère. Cette brise ne s'arrêtera donc jamais.. Elle résonne comme un hiver et pourtant tout n'est qu'été.

Eclipse lente des paupières. La roue du vélo tourne seule, berceuse froisseuse d'épis nacrés. Brillants et velus, velours simpliste pour la nuque.
Lande dorée et chanson des roseaux caressés du bout des doigts. Imagination chatoyante sur une banquette de métro, rêves d'images irréelles, cela va de soit, ou, peut-être, n'est ce que le pays d'un corps allongé contre mes sens. Un nouveau corps.

mardi, février 08, 2005

Ist das alles ?

Tout a commencé un jour, du moins, c'était peut-être une nuit, ou ailleurs. De toutes façons et où que se soit. Tout a commencé.

Parfois. Crier. Frapper. Parfois. Tes dents qui me rongent et me font mal dans ces instants de bonheur total. Ta peau suant, me collant, me révulsant. L’Envie de déchirer cette peau aux senteurs animals, de déchiqueter cette chair molle et grasse, d’étouffer ces cris et ces petits hurlements plaintifs.
Et tes yeux abominables. Tes yeux suppliants. Les arracher de mes doigts, écraser ces pupilles et leur noirceur carbonique. Ne plus ressentir la chaleur de ta bouche m’aspirant tour à tour, m’enrobant plus encore. Cette peau aux reflets cramoisis. Cette peau contre la mienne, n’ayant pour seule séparation que la transpiration infecte de fruits pourris sur le sol.
Et tes dents dévoilées par ton sourire malsain. Tes dents si blanches et si petites.
Tes dents arrachées et mélangées au sang que tu avales.
Toi, la force et moi, la désillusion.


Et c'est ainsi que tout a terminé. Ici.
Pour recommencer encore... là.