Je pense que je suis au bar, entourée par la fumée des cigarettes qui se consument, comme les âmes ici, biberonnant, avec toute l’élégance d’un être vaincu mais luttant encore, une bière à la bouteille que je n’ai pas dû payer chère alors que je soupèse ma veste.
En même temps, je pourrais être remplie de biftons fraîchement gagnés au casino d’où je sors mais même la plume des petits billets verts, violets ou oranges serait plus lourde que la seule plume du corbeau que je garde en guise de « porte-bonheur ».
C’est cachée ici que j’aime vivre, c’est dans ce non-lieu à l’ambiance de fleurs un peu pourries que je respire le plus.
Et c’est à cet endroit précis qu’elle se rappelle à moi. Nous nous sommes aimées, puis haïes, nous nous sommes aimées encore puis quittées sans que je le la haïsse jamais. Je l’ai aimé comme on ne peut pas aimer deux fois mais l’heure de l’horloge impassible des bons moments n’était pas venue pour nous.
Sans jamais la haïr, je m’en suis éloignée pour qu’elle soit enfin libre et que je me redécouvre aussi.
Et c’est dans un endroit tout aussi pourrie que ma conscience que je la retrouve enfin, celle à qui je dois tant de choses que les doigts m’en manque, celle-là même qui tombait avec ma statue favorite.
Je l’imaginais moins chevelue.
Nous nous parlons comme des adultes et nous agissons comme tel.
Nous formons des phrases : Sujet, verbe, complément en introduisant une demande de pardon, plus tard acceptée, et dans le lieu louche de mon inconscient (qui a fomenté toute la mise en scène, aussi mauvaise soit-elle), remplis par les fumées des démons d’autrefois qui mangent encore quelques espaces, je n’ai plus qu’une seule envie.
Te prendre dans mes bras en soufflant : « Tu as, et seras, toujours été ma plus proche amie ; la meilleure âme qui puisse se consumer ici. »
J'ai envie de te prendre dans mes bras,comme l'amie chere qui m'a top longtemps manquée.
Imogen Heap "Little bird":
http://www.youtube.com/watch?v=X9diXbRy3qs&feature=player_detailpage