Le Temps Verticale
Comme je déteste ton état lassé passif, tout à l’imparfait fatigué et poussif, cet état à éclater en sanglot sans pouvoir tirer une goutte de pluie sur cinq cent mètres avant de forcer un peu la pression pour valser contre un mur et ne plus supporter de restrictions le temps de trois respirations, qu’on ne te pose pas de questions. Ça tire par les tendons et dans l’abdomen. Dérailler sur cinq mètres seulement. Fais le calcul, sur les six ou sept kilomètres effectués chaque jour depuis un mois, ça ne fait pas trop. T’aurais bien envie de péter un plomb, hein ? ce serait pas d’refus pour une fois en public. T’as jamais fait l’avion en jouant de la trompette avec une bouteille d’Évian source de sècheresse toi.. T’aurais pas pu l’faire chez toi, dans ta piaule sans couvercle où tout s’aspire par le plancher ?
Comme je déteste ta vengeance froide et longue, on s’envoie en l’air des millier d’années pour une histoire de passion furtive, ta patience froide et désolante devant une zozo qui invoque le stress comme grand démon de tes nuits. Et tu me parles encore comme si tout était de ma faute ? J’ai bien le droit de t’épuiser un peu, de boire ton oubli et de vomir tes nuits, parfois de les incinérer et de les disperser sur les toits quand tu ne peux plus penser.
Les yeux sont vides, striés rougis, au même prix qu’un appétit insatisfait mais sans envie. Ta vie m’ennuie, mes silences t’emmerdent, et les deux clodos proprets que nous sommes ne parlons de rien entre nous car tout ça ne nous regarde pas.

