Ganz allein
Remercier les foules et s’enliser dans la haine profonde pour tout ce qui me toucherait la peau. Araignée grise dans un coin du bras. Décomposé devant le noir immonde qui s’offre à moi. Pas d’impasse et pas d’issue. Seulement l’univers.
this is a tale told by an idiot full of sound and fury signifying nothing.
Remercier les foules et s’enliser dans la haine profonde pour tout ce qui me toucherait la peau. Araignée grise dans un coin du bras. Décomposé devant le noir immonde qui s’offre à moi. Pas d’impasse et pas d’issue. Seulement l’univers.
Nous sommes tous une bande de résignés. Des désoeuvrés sans faim. Assez de dire « j’aurais » au lieu de « faire » et j’en suis un parmi d’autres.
Sans comprendre les suites, jamais, parcourir les débuts et dénigrer leurs chances. La ville serait presque belle, belle à l'en maudire mais cette fois encore, elle ne me donne aucuns sentiments.
Tintement d'un samedi soir, lugubre et ennuyeux, à travers les épines des conifères. Ils piquent du nez comme je piquais de celui-ci toute l'après-midi... Encore un peu somnolent, somnifère des saisons et rien ne vient à qui attend trop souvent.
Il pleut et j’ n’ai encore rien fait. Je sens la main me trifouiller le ventre, s’introduire dans l’estomac et palper les parois humides. Une basse a actionné le battement de mon cœur sauf que son mouvement s’échappe bien au-delà de ma poitrine, contourne les os et ressort comme si il était dans un presse ail. Le presse ail en question, se sont les côtes qui ne se retiennent plus de trembler sous une sorte de courant électrique alternatif, contournant mon buste dans un circuit répétitif sans que je ne sache si c’est bien une prise là, juste en bas de mon dos, ou de simples trous causés par la brûlure des grains de beauté. Il en ressort un peu de sang granuleux vert. J’approche mon doigt couvert de ce liquide pour mieux l’identifier mais il coule sur ma bouche et s’y infiltre, laissant un goût acide sur ma langue en train de se griller. Ma bouche se coud peu à peu de fils blancs, empêchant toutes autres introductions dans cette partie là. Mes cheveux se rétractent et s’enfoncent dans mon crâne, perçant l’épaisseur de la peau de multiples trous d’air, le liquide vert se répand sur les draps, augmentant toujours plus le niveau dans la pièce. Quelques bibelots flottent lentement et se cognent à mes reins, couverts d’écailles brillantes. L’hémoglobine colorée submerge les derniers espaces d’air restants, encore quelques secondes et peut-être que j’exploserai. Au fond, c’ n’est pas encore réel.
Un jour j’aurais tué pour ça.
Voix enraillée dans les rames des métros parisiens. En photo. Je suis resté toute la soirée devant une liqueur à la menthes en mangeant un fromage hollandais caoutchouteux. Sans goût, vraiment.
Les filles de l'aurore

Castagne contre un mur. Courant de fuite, agrippé à l'air. Elle a accroché mon coeur à un crochet rouillé. C'était presque du viol parfois.
Elle aurait pu être folle, elle aurait pu être poète. Elle aurait pu laver des draps blancs, elle aurait pu déclencher des tempêtes. Et pourquoi l’ai-je suivi aussi facilement dans son antre sombre couverte de ses états d’âme. Elle aurait pu être poète, elle aurait pu être folle. Elle a l’allure inchangée et je suis encore sur son seuil à écouter. Je sais que la nuit, elle pleure seule dans ses draps blancs, je sais que le soir, elle cris contre sa main ensanglantée. Elle aurait pu être poète et me conter l’immense royaume de ses ancêtres, elle aurait pu être folle et immoler l’enfant sous l’orage.
Etrange amertume, si peu étrangère à ma fortune. La ville fume une odeur d'essence et d'errance. Là, dans cette vallée, les lumières oranges ne se sont pas eteintes et brillent encore sur les derniers passagers des bus sans retours. Mon ventre transpire une douleur ennervante, affamé sans faim, j'ignore la suite mais je connais des débuts qui n'ont pas fleurit.
Ecrivains égoïstes, plumes trempées dans votre propre sang. Et toi, l'inconsolée, toi. Ton besoin de pleurer cette encre vaseuse, ces phrases sacrées parce que tiennes.
Brouillon de chants d'oiseaux lointains. Le silence a cette incompatibilité avec ce pays occidental qui me fait me sentir étranger.
Clown lent devant une autoroute.

Dans un océan profond, j’ai décroché une flèche à l’averse fluide qui s’abattait sur moi. Je suis encore malade d’un espoir avarié et lorsque je dirai encore que cette route là ne mène nulle part, il faudra décrocher des flèches poignantes à mon être en entier.
Plage vide. L'orange tourne comme un fruit avarié. Ce ronflement paisible de la mer m'inquiète. Je vois apparaitre des algues sombres à la surface de l'eau. Serrement du coeur à l'estomac. Les algues se rapprochent et s'échouent sur la bande de sable. Quelques grains restent collés entre mes doigts.

Plage vide. Chants lancinants des goélands sur ma tête et cette plage vide. Quelques touffes de verdure parsemées sur le chemin rocailleux puis le sable recouvre tout. Le sable rend fou. Les fonds marins sont raclés par une houle peu violente, de petites algues remontent à la surface en trainant. Pas un brin d'âme à cinq kilomètres à la ronde.
On a déjà vu ces lumières clignoter du fond des tunnels de la ville. Des désaccords en accords et le blues lent du métro.

J'ai envie de déchirer mon torse et d'écarter mes côtes en criant. Ce serait presque des yeux injectés de sang, mais non, je ne peux pas me comporter ainsi, pas ici, lorsque l'on sous-entend que je devrais partir plus bas. Que je ne suis pas fais pour rester, non, je ne le mérite pas, vraiment non.
Me cabosser aux angles digitales depuis les siècles anciens jusqu'aux miroirs fânés. Il n'y a pas de fin à cette voie de décadence importune, de mésinfortune inculte.
En fouinant mes décombres, je t'ai vu. Toi aussi dans un tunnel, tu avais peur de ce qui venait lentement vers toi, les ruines et les ennuis, les débuts et ce tournis incessant. Toi aussi, tu as eu peur et nous l'avons tous eu.