jeudi, mars 31, 2005

Ganz allein

Remercier les foules et s’enliser dans la haine profonde pour tout ce qui me toucherait la peau. Araignée grise dans un coin du bras. Décomposé devant le noir immonde qui s’offre à moi. Pas d’impasse et pas d’issue. Seulement l’univers.

mercredi, mars 30, 2005

Ecartelement


dear deviant

Two pale figures
Ache in silence
Timeless
In the quiet ground
Side by side


-The Cure-

mardi, mars 29, 2005

Nie wieder...

Nous sommes tous une bande de résignés. Des désoeuvrés sans faim. Assez de dire « j’aurais » au lieu de « faire » et j’en suis un parmi d’autres.
Colère énervante. J’ai failli m’étouffer seul dans mon fond de salle. Par la fenêtre, les nuages bleu sale s’engouffraient dans un abîme du ciel.
Une envie bruyante d’empoigner le bois ou la pierre et de la fondre dans ce trou du ciel.
Prendre un peu d’air, le crâne cadenassé. Un brouillon d’heures ratées se cogne contre ma tête. J’ai beau chercher qui l’a lancé, il n’y a que les nuages dans un abîme du ciel.
Les colonnes d’arbres défilent. Bien alignées mais jamais droites. Me tordre les doigts devant ce que je ne comprends pas. « Tais toi, mais tais toi donc ! » il n’y a pas assez à gâcher par ici ?
Prendre un peu l’air du temps sur un banc de pierre. Clapotement de l’eau dans mes écoutilles au passage de Laura C. Péniche néerlandaise avec site internet peint en lettres blanches sur la coque verte.
Nous sommes tous une bande de résignés. J’abandonne encore l’explication. Ce n’était que de la mauvaise humeur, voyons… Que de la mauvaise humeur.

lundi, mars 28, 2005

Ver bouteille

Qui m’entend, quelqu’un m’entend-t-il ?

Ver minuscule au fond d’une bouteille et ce monde grouillant tout autour.. Petit ver si minuscule au fond de sa bouteille, je ne discerne rien de bien précis et tout est si gigantesque que mes yeux ne voient plus les formes. Il fallait être au dessus de ça. Les parois transparentes ne me reflètent pas. Le goulot est resté à découvert et quelqu’un souffle afin d’émettre une note qui ne sort pas. Il n’y a pas d’eau, ce n’est que moi, ne me buvez pas. A force de tapoter sur la bouteille, celle-ci va bien finir par se renverser mais je me sens à l’abris, ici, derrière mon verre. Ver minuscule dans une bouteille, quelqu’un va bien me trimballer ailleurs, avec un peu d’ chance il m’emmènera même sous sa fenêtre et je recueillerai les gouttes de pluie du matin. Je m’assois contre mon mur translucide et fais le tour du cercle sur les fesses. Il me tourne et me retourne en s’ennuyant. Ses doigts s’écrasent sur mon écran de télé. Ma bouteille est un grand écran d’où je peux voir le monde en sécurité. Et la nuit, peut-être que je verrai les étoiles sans prendre froid dans mon abris. La main resserre encore ma bouteille. Je sens le mouvement de balancement du grand corps sur lequel je viens me taper quelque fois. Il n’a rien d’autre à faire ?
Je m’aplatis lourdement contre la parois, la joue écrasée par mon poids. C’est quoi ça ? Une déchetterie?
Was soll ich tun ?'_'

dimanche, mars 27, 2005

only the fool knows no fear

Sans comprendre les suites, jamais, parcourir les débuts et dénigrer leurs chances. La ville serait presque belle, belle à l'en maudire mais cette fois encore, elle ne me donne aucuns sentiments.
Assis. Tout l'temps. Immobile. J'ai perdu toutes envies.

Alors que je devrais te poursuivre toi et les autres rêves.

samedi, mars 26, 2005

hasty goodbye

Tintement d'un samedi soir, lugubre et ennuyeux, à travers les épines des conifères. Ils piquent du nez comme je piquais de celui-ci toute l'après-midi... Encore un peu somnolent, somnifère des saisons et rien ne vient à qui attend trop souvent.
Mais ne te cache pas, je peux bien voir, ne camouffle pas tout, on peut apercevoir. Et Platon nous enroule dans ses nappes somnolentes. Encore de l'incomprehension.
Et je ne regrette rien, pas même de laisser glisser quelques grains de notre temps. Nous sommes toujours un peu plus seuls qu'hier, toujours un peu moins que demain.

vendredi, mars 25, 2005

Massick

Il pleut et j’ n’ai encore rien fait. Je sens la main me trifouiller le ventre, s’introduire dans l’estomac et palper les parois humides. Une basse a actionné le battement de mon cœur sauf que son mouvement s’échappe bien au-delà de ma poitrine, contourne les os et ressort comme si il était dans un presse ail. Le presse ail en question, se sont les côtes qui ne se retiennent plus de trembler sous une sorte de courant électrique alternatif, contournant mon buste dans un circuit répétitif sans que je ne sache si c’est bien une prise là, juste en bas de mon dos, ou de simples trous causés par la brûlure des grains de beauté. Il en ressort un peu de sang granuleux vert. J’approche mon doigt couvert de ce liquide pour mieux l’identifier mais il coule sur ma bouche et s’y infiltre, laissant un goût acide sur ma langue en train de se griller. Ma bouche se coud peu à peu de fils blancs, empêchant toutes autres introductions dans cette partie là. Mes cheveux se rétractent et s’enfoncent dans mon crâne, perçant l’épaisseur de la peau de multiples trous d’air, le liquide vert se répand sur les draps, augmentant toujours plus le niveau dans la pièce. Quelques bibelots flottent lentement et se cognent à mes reins, couverts d’écailles brillantes. L’hémoglobine colorée submerge les derniers espaces d’air restants, encore quelques secondes et peut-être que j’exploserai. Au fond, c’ n’est pas encore réel.

jeudi, mars 24, 2005

Die Rauchwolke



Wer zu lange in die Sonne sieht
wird Blind.

mercredi, mars 23, 2005

Hand in glove

Un jour j’aurais tué pour ça.
Gorge définitivement tranchée sur un plateau de saison, ouvrir au sécateur et sortir les boyaux, histoire de savoir ce qu’il y a à l’intérieur. Vent frais sous la chemise, frais sur ta peau, frais sur le ruisseau. Et tout est si facile à défricher. Un jour, je voulais tuer pour ça. Un piètre vent si bas, et ça me touche. Un petit vent, un soufflet, une allumette sur la peau fraîche, une allumette dans la gorge sans salive. Et ça me touche. Un jour, j’aurais aimé savoir tuer pour ça. Pour cette lâcheté et cette faiblesse de naître fort que dans ses rêves. Pour cette lâcheté de la fermer. Et la faiblesse me dit : « -ta gueule ! ». Et ma grande gueule, je ne l’ai qu’en rêves, c’est vrai. De mauvais rêves où le monde est aveugle et où je ne suis pas ça. Un jour, je rêvais de tuer pour. Un jour, j’aurais tué pour ça. Lorsqu’ils se retourneront encore la langue près de nos corps, lorsqu’ils oseront parcourir la courbe d’un seul de tes cheveux. Je veux savoir tuer pour ça. Parce que ça ne passe pas.


Hand in glove
The sun shines out of our behinds
So hand in glove I stake my claim
I'd like to fight to the last breath
but I've no voice for that.

mardi, mars 22, 2005

Ich habe dich immer nur geliebt

Voix enraillée dans les rames des métros parisiens. En photo. Je suis resté toute la soirée devant une liqueur à la menthes en mangeant un fromage hollandais caoutchouteux. Sans goût, vraiment.
Le voile électrique du ciel crépusculaire sur les arbres fragiles d’ici.
J’avais du travail et de l’ambition, je l’ai vu. Mais pas souvent. Encore quelques pas et l’on s’écroule. On roule encore sur l’épave du Jour, tu crois… ?

Il y a des jours où tout s’accroche, où tout s’emboîte. Un point d’interrogation finira la réponse.
La vie est seulement prise et non pas donnée. J’ai rêvé d’une balle traversant mon épine dorsale pour se plantée dans l’un de mes poumons. Ce n’était qu’un rêve, je l’ai senti pourtant. Le tir venait d’une masse compacte indissociable. J’ai entendu des cris mais ne le punissez pas ! Il n’est coupable que de son ignorance, ne le punissez pas… Que la peste soit de votre ignorance, que la peste soit de votre ignorance.
Que la peste soit de notre ignorance. Nous sommes tous coupable.
Cela nous avancera-t-il de savoir qui a tiré ?

lundi, mars 21, 2005

Les filles de l'aurore

Les filles de l'aurore
Je peux encore les retrouver
Elles ont autour du corps
De l'amour et de l'or
Que l'on peut jouer aux dés
Elles ont au fond des yeux
Des rêves que l'on ignore
Quand vous dormez encore
Quand l'aube les voit passer par deux

Et moi je viens bien après l'aurore
Quand le soleil monte à Saint-Jean
J'voudrai leur dire que je t'aime encore
Toi qui t'en vas tout le temps

Les garçons de l'aurore
Glissent leur corps
Dans des jeans usés
Ils passent des doigts nerveux
Dans leurs cheveux
Et s'en vont au-dehors
Ils ont au fond des yeux
Les rêves des plus forts
Les guerres qu'ils font encore
Quand l'aube les voit marcher par deux

Et moi je viens bien après l'aurore
Quand le soleil monte à Saint-Jean
J'voudrai leur dire que je t'aime encore
Toi qui t'en vas tout le temps

Les amants de l'aurore
Se donnent encore
Dans des lits froissés
Au cœur qui cogne au corps
Est-ce l'amour ou la mort
Qui les gardent enlacés
Ils ont au fond des yeux
Des rêves que j'rêvais fort
Pour que tu restes encore
Quand l'aube nous gardait tous les deux

Et je reviens bien après l'aurore
Quand le soleil monte à Saint-Jean
J'voudrais leur dire que je t'aime encore
Toi qui t'en vas tout le temps

-William Sheller-

dimanche, mars 20, 2005

groundement


to the ground.

Suivez la marche du profitable et ne vous sacrifiez pas sur ces épées pieusement tendues. Courez où bon vous semblera mais ce qui me semble profitable sera le mieux. Allez, le temps ne se perd pas, il s'utilise. Soyez fervants serviteurs de sa guise et il ne vous chassera pas de ses terres.

Une voix voguait autour de moi. Un bourdon barbare et cependant agréable. Lutte des sons dans une stratégie sans failles. Lutte des anges sur nos têtes. Les oiseaux se dégourdissent dans leurs nids aériens et enfument nos oreilles de piaillements aigues.
Je voguais sur l'ocean d'une voix et les oiseaux n'auraient rien pu y faire.

samedi, mars 19, 2005

Ombres chinoises

Castagne contre un mur. Courant de fuite, agrippé à l'air. Elle a accroché mon coeur à un crochet rouillé. C'était presque du viol parfois.

Mater dolorosa

Elle aurait pu être folle, elle aurait pu être poète. Elle aurait pu laver des draps blancs, elle aurait pu déclencher des tempêtes. Et pourquoi l’ai-je suivi aussi facilement dans son antre sombre couverte de ses états d’âme. Elle aurait pu être poète, elle aurait pu être folle. Elle a l’allure inchangée et je suis encore sur son seuil à écouter. Je sais que la nuit, elle pleure seule dans ses draps blancs, je sais que le soir, elle cris contre sa main ensanglantée. Elle aurait pu être poète et me conter l’immense royaume de ses ancêtres, elle aurait pu être folle et immoler l’enfant sous l’orage.
Sur la terre noire, elle crève les yeux de celui qui ne voit rien. Sous la mer verte, elle enfante les richesses des rois. Elle aurait pu être folle. Son accent chevrotant, elle court dans les forêts de nos songes et égorge ses appétits. Elle aurait pu être poète. Sa croupe aguichante reposée sur les pierres de son château auvergnat, elle récite les vers de ses esprits bienveillants.
Mais ce n’est pas moi, ce n’est pas vrai. Elle est mère de toutes choses et amère de tous passé.
Donne moi la raison et arrête d’ignorer le mensonge.
Marche et brille mais ne te tais pas.

vendredi, mars 18, 2005

_

Etrange amertume, si peu étrangère à ma fortune. La ville fume une odeur d'essence et d'errance. Là, dans cette vallée, les lumières oranges ne se sont pas eteintes et brillent encore sur les derniers passagers des bus sans retours. Mon ventre transpire une douleur ennervante, affamé sans faim, j'ignore la suite mais je connais des débuts qui n'ont pas fleurit.
La ville tremble dans mon corps, je porte l'essence des arbres morts et leur sève engloutie. En signant en bas de la page, j'ai oublié de dire l'essentiel. Et à quoi pourrait-il bien servir ? Maintenant que tout doit s'éloigner un peu plus dans cette intimité. Maintenant ou seulement ce soir.
Etrange amertume, pourtant si peu étrangère à ma fortune.

Manque rien, ni le pain sur la planche..


Praha

Un vieux paquet traine sur la table et aucuns mots.
Ana Salazar faisait son flamenco tandis que j'hibernais dans son image. Je suis cramoisi par l'attente et la diminution des espérances. Dans son image, lové dans chaque creux. De son image, je ne garde que le feux.

Manque rien, ni la chance.

jeudi, mars 17, 2005

Vies ioniques

Ecrivains égoïstes, plumes trempées dans votre propre sang. Et toi, l'inconsolée, toi. Ton besoin de pleurer cette encre vaseuse, ces phrases sacrées parce que tiennes.
Toi, l'inconsolée, égoïste parmi d'autres, ton monde grouillant d'un gris criard, essaim d'abeilles enfumées.
Toi, l'inconsolée, tu t'es soignée sur notre servitude, essuyé tes sanglots sur des pages. Des pages de quoi ? Mais de vide, l'inconsolée, inconsolable parce que ce n'est pas le même chemin.
Inconsolée, écrivains ésseulés sur nos seuils. Ecrivains égoïstes. Sermoner vos mondes tandis que des milliards d'univers nous traversent. Inconsolée par cette piété que nous avons.
On pourrait siffler ces insuffisances en flottant dans ce même verre. Sans nostalgie, aucune, pour ces visions barbares.
Nous ne sommes qu'Humains, faut-il vraiment nous le rappeler?

mercredi, mars 16, 2005

Manque rien...

Brouillon de chants d'oiseaux lointains. Le silence a cette incompatibilité avec ce pays occidental qui me fait me sentir étranger.
Je serai l'étranger tué sur le sable jaune d'une île polonaise déchirée.
Zinowitz manque à ces semaines froides et pourtant remplies de rendez-vous, retrouvailles, croisades hasardeuses et solitude burlesque de la colline et ses oiseaux.
Le mois d'août à Salem est loin encore. Les questions de longueur se font courantes et je n'arrive à t'extirper de mon crâne. Quant aux longueurs, il y'en a d'autres, toujours plus lointaines. Ce pays ne reviendra donc jamais ?
Quand un lac vous fait afront, que pouvez-vous faire ? L'assècher ? Ou vous y noyer. Le rêve de ces lacs étrangers, je m'y brûle jusqu'à en creuver et ce n'était pas le but voulu.

mardi, mars 15, 2005

Minuscule

Clown lent devant une autoroute.
Gagner ma journée par ta seule présence et entendre ton rire délicieusement nerveux. Tendre écorchure, merci de m'attendre pour traverser les chemins désastreux
car le cirque est mon royaume et tu en seras la reine

lundi, mars 14, 2005

der Infant



L'Enfant était trop sérieux, qu'en sera-t-il de l'adulte ? Serai-je indéniablement le contraire de ce que je fus...

Et les accents des hauts plateaux résonnent encore dans une atmosphère gazeuse succédant à la lourdeur des animaux en rut dans leurs cabanons tassés.

E. m'a décrié: "quand on ne vit pas, on écrit pas." Elle n'a pas tort. Les souvenirs sont fait de vie et je ne suis pas vieux. Voyage incertain de la conscience dans ce marécage de choses à faire. Vauvert l'emporte, elle et sa philosophie de comptoir.

In Pace

Dans un océan profond, j’ai décroché une flèche à l’averse fluide qui s’abattait sur moi. Je suis encore malade d’un espoir avarié et lorsque je dirai encore que cette route là ne mène nulle part, il faudra décrocher des flèches poignantes à mon être en entier.
Sous la vallée se cachent des tombes anciennes. Elles sont au nombres de sept et ne font qu’une avec la mienne. Si je les vois, il faudra me décrocher des flèches et entailler ma faiblesse de blessures profondes
Tu as l’étranger dans la main, tendre écorchure, ne l’empoignes pas avec tant d’ardeur qu’il pourrait se réduire en cendre.
Ma falaise s’affaisse dans ce que l’on pourrait appeler le désespoir mais ce n’est pas de ça dont il s’agit.
L’Autre ne m’a pas laissé le choix et j’ai du faire face à mon indécision. Sa main est froide sur mes vêtements, elle a dévoré mes heures les plus absurdes, sentant l’ivresse que j’éprouvais, j’ai été détrôné du paradis où je suis né pour entretenir sa vanité. Solitude ingrate et fidèle pourtant.

La bicyclette suit le chemin granuleux. Le lac, le lac, il y’en a tant d’autres, le lac parfume mon édifice, embaume ma dépouille, je m’y suis noyé un temps mais toujours j’en ressors comme si une force indicible me poussait à évanouir cette entorse faite à sa gloire.
Le lac et la mer ne se rejoignent jamais sur cette île. Des touristes français ont garé leurs vélos et se reposent sur une terrasse rayée. J’en garde un crissement d’épouvante calme. L’absurdité de la solitude ingrate me laissait à ma contemplation et déjà, je voulais te montrer…

Come l'aria


E'un gioco strano,
un elastico teso che
mi lancia lontano
poi mi trascina a sé
e mi fa strano
questa sottile malattia
che non distingue più
necessità da verità
e i sogni dalla realtà
dalla mia realtà
sempre sospesa a metà

E' un gioco strano
-tu non giocarlo mai-
strati vicino
e cercati per quello che non sei
e mi fa strano
sentirmi cosi vicino a te
menstre vado lontano,
ma questo lontano poi dov'è ?

Fermala tu
questa altalena adesso che
Io non so più
Dove mi spinge né perché
Fermala tu
Questa altalena adesso che
Io non so più
Dove mi spinge né perché

Attimi
in cui nulla sembra sia importante
Esisto solo io
e il resto non importa niente
Attimi
in cui ogni cosa è necessaria
E d'improvviso io
Ti ho bisogno come l'aria

Fermala tu
Questa altalena adesso che
Io non so più
Dove mi spinge né perché
Fermala tu
Questa altalena adesso che
Io non so più
Dove mi spinge né perché

-Banda ionica-

dimanche, mars 13, 2005

Schluss



Fanfare et clowns aveugles s'entrechoquent dans ma tête, cauchemars sans fin, infiniment grands, infiniment friables. Fanfare et trompettes chahuteuses avec mes oreilles fermées à leurs cris. Je veux fermer l'esprit dans une boite et que ce soit le corps qui régisse mes actes.

Please, save your life because you've only got one


Pourquoi ai-je donc fui si tôt ?
La maison près du cimetière et cette forêt englobante. Mes pas ne m’ont pas conduit d’eux même. C’est moi qui ai fui en disant pouvoir soigner ce malaise. Mais je ne l’ai pas fait et ne le ferai jamais.
Pourquoi ai-je donc fui si tôt ?
Les sentiers dévastés de ma mémoire me rappellent chaque jour les erreurs d’une triste jeunesse.
Je suis l’inconsolé de son lit impatient et regarde ce monde, ce monde que j’aime si fort que j’en viens à le haïr. Je regarde ces visages, si beaux qu’ils en deviennent laids.
La main serrée au fond d’une poche, je ne te reverrai sûrement jamais. La mâchoire serrée sur ma langue ; je n’en parlerai plus, je n’en penserai plus mais je sais. Je sais et je saurai que je ne te reverrai plus jamais et les sentiers dévastés de ma mémoire me rappellent chaque jour la vieille maison près du cimetière et cette plaine hypnotique. Te souviens-tu, me dit-on, te souviens-tu du chemin que nous prenions quand le soleil s’éveillait à peine, te souviens-tu des vagues sur la lande souveraine, te souviens-tu encore du glissement intemporel des roues sur la plaine, te souviens-tu ? Et je réponds sans regarder : « non, je ne m’en souviens plus ». Mais les sentiers dévastés de ma mémoire se rappellent encore des balles qui les ont touché. Et mes yeux se couvrent du voile livide du cimetière. Et mes yeux se souviennent ; des ballades de nos corps sur l’herbe encore verte, de la cloche de l’église que nous n’entendrons jamais. Mes yeux se souviennent de ton paysage frêle, le train entrant en gare et le bagage que l’on traîne.
Pourquoi ai-je donc fui si tôt ?
La maison près du cimetière avait cette teinte passée, la maison abandonnée. Et toi, tu marchais dans les allées du cimetière en fleur. Les jardins suspendus d’un pays oublié. Mais vois mes yeux comme ils se souviennent. Et les sentiers dévastés de ma mémoire se rappellent chaque jour cette main posée.
La main d’un soupir sur mon épaule, caressant ma peau et y incrustant sa plainte pour un nouveau départ dans ce monde si beau, si beau…
La main, serrée dans une poche, troue ma mémoire dévastée. Elle sait qu’elle ne te reverra jamais, elle sait.
Pourquoi ai-je fui si tôt ?
Et pour sauver ta vie, j’aurai oublié la maison près du cimetière, mais pourquoi avoir gardé la mienne ?
Mais je sais que je ne te reverrai plus jamais, je sais.

And I’m not happy and I’m not sad.

samedi, mars 12, 2005

Laps [2]

Plage vide. L'orange tourne comme un fruit avarié. Ce ronflement paisible de la mer m'inquiète. Je vois apparaitre des algues sombres à la surface de l'eau. Serrement du coeur à l'estomac. Les algues se rapprochent et s'échouent sur la bande de sable. Quelques grains restent collés entre mes doigts.
Plage vide. Le soleil vient lentement se refleter sur la vaste étendue bleue. Le manège luit sous les rayons. Angoisse du vide. Je me suis inquiété pour rien. Les goélands reprennent leur ronde sur ma tête. Le sable s'étire sous la mer. Un insecte se pose dans un bourdonnement imperceptible sur l'une des tiges de la plante parsemée sur le chemin.
Dimanche.

vendredi, mars 11, 2005

Le passeur



Under the iron bridge we kissed
And although I ended up with sore lips

Passons, toujours, passons, sous l’eau et sous les ponts, jusqu’à des rivages inconnus, à tort ou à raison et je cracherai dans les yeux de celui qui dira « non ». Passons par-dessous les murmures du souvenir, les soupirs de saison. Que la mer me noie de son amour maternel, passons si je m’échoue à l’un de ses écueils, et les rivages inconnus, je ne les verrai que dans ses profondeurs désirables. A quoi bon pleurer si la mer m’honore en son sein et me protèges de rapaces humains ? Que ses entrailles ne puissent être bafouées et que mon corps repose en sa tombe. Un poing serré dans la poche ne fera pas passer l’injure.

It just wasen’t like the old days anymore
No it wasen’t like those days

Passons, veux-tu passons. Que nos deux corps se dispersent dans le liquide des ages et apaisent la soif du pellerin. Passons et dépassons, déplaçons les mystères des rivages inconnus, salamandre fera son lit dans notre chair transpercée. Que regardent-ils ? Vois comme ils rient. Ils nous regardent mais quels sont ces gestes ? Pour qui sont ces rires ? Ils nous regardent, vois comme ils rient, et nous sèmerons leurs épaves sur les fleuves agonisants. Que le vent nous emporte en bourrasque folle et ne me demandes pas, je les ai vu et cracherai dans leurs yeux si ils touchaient à un seul de tes cheveux. Passons cela, veux-tu, passons. Sur les rivages inconnus, l’onde commencera son cercle et les rêves embrassent les gouttelettes qui s’enroulent au feu.

Am I still ill
Am I still ill

Passons déjà, passons encore, les enceintes sacrées, l’herbe desséchée, passons, veux-tu ? passons. En des rivages inconnus, les ténèbres s’ouvriront mais elles saignent déjà sur nos têtes. Leurs soupirs soufflent sur nos voiles, vieux murmures du souvenir, cet air là donne la nausée. Dépasser la raison mais nous n’oublierons pas, je le promet. Sous un pont, l’esquif s’est reconnu, dans l’eau, son reflet s’est perdu. Coulez, bateaux et navires de tous ports, que le clapotis de l’eau fasse chavirer la feuille et son matelot, moi à son bord, je garderai la tête haute sous les remous. Coulez vers d’autres ports et ils regardent encore en riant de nous, passons sous leurs yeux, veux-tu, passons et éloignons nous des fléaux de ces saltimbanques, du destin sans retour. Passons, passons, et ne me demandes pas.

Does the body rule the mind
Or does the mind rule the body
I dunno...


mardi, mars 08, 2005

laps

Plage vide. Chants lancinants des goélands sur ma tête et cette plage vide. Quelques touffes de verdure parsemées sur le chemin rocailleux puis le sable recouvre tout. Le sable rend fou. Les fonds marins sont raclés par une houle peu violente, de petites algues remontent à la surface en trainant. Pas un brin d'âme à cinq kilomètres à la ronde.
Plage vide. Je m'assois, visage livide et creux. J'entends seulement la mer et les goélands s'accorder à la bourrasque lente et chaude. Un temps d'après tempête, mais l'air est sec. Ma tête tourne sur le manège forrain déserté. Pas un gosse ne crit, rien.
Plage vide. Sous l'eau peuvent bien chanter les sirènes, rien ne trouble ce néant, orifice du monde. Vision cauchemardesque du calme à son apothéose. Des filets de brindilles flottent et dessinent de vagues courbes sous un vent dont on ne saurait retrouver l'origine. Le sable crisse à peine sous mes semelles. J'enlève mes chaussures.
Plage vide. Le soleil se lève rapidement. Il dégueule de l'orange pâle sur la lande boursouflée. Il y a quelque chose de sinistre dans cette clarté du commencement. Ce silence. Les goélands se sont tus sans que je ne m'en rende compte. Le manège a cessé son grincement. Les dunes de sable font penser à des femmes alongées.
Plage vide.

...

Kein wort fällt mir ein.
Amour maladif. Rester dubitatif.

dimanche, mars 06, 2005

Überhaupt nichts mehr.

On a déjà vu ces lumières clignoter du fond des tunnels de la ville. Des désaccords en accords et le blues lent du métro.
Je ne suis pas rentré tout de suite, il faisait presque doux dehors.

Le vent du matin et ses frissons glaciaux, même si je ne les sentais pas. J'avais encore la poitrine déchirée, tu le sais, tu l'as vu. Ce matin où rien allait. Ombre vide sur des pierres jaunes et un oiseau me volait autour, le même parfois. Ombre vide à balancer, un pied sur son élément, le vide en bas, un pied sur les pavés, durs et froids. Un pied dans le rêve, l'autre s'est tordu sur la réalité. Avec un petit effort, je me serais laissé glisser mais je laisserai jamais tomber, tu le sais, toi. Tu l'as vu.

Les petites lumières au bout de la rue, et ce sautillement léger que tu m'insouffle. En heures tendres et singulières. Ombre vide et tu me retiens un peu. Soignes les bleus, retenir les cordes.
Et tu me soutiens un peu.

On a déjà vu ces lumières, les tocards se cogner aux murs des stations vides. Les feux du lointain et la banlieu désolée.
On a déjà vu et je m'en sortirai, comme toujours, je m'en sortirai. Un peu mieux dans tes bras, dans tes draps allongés.

En regardant ton visage, c'est un baume réconfortant que j'inspirais. Et si ça suffisait.

samedi, mars 05, 2005

das erste mal mit dir allein


Encore un soir où.
La bille verte au fond de la gorge et ce couteau là qui tranche chaque anneaux de ma trachée. Si tu pouvais les sentir derrière les sourires crispés que je pourrai te faire, si tu pouvais me voir dans cet état. Pour une fois ne pas se cacher sous la bienséance, pour une fois m'avouer vaincu jusqu'au bout des comptes à rendre. Das erste mal mit dir allein und kein wort kommt...
Sensation incessante d'impossibilité.

Mais non, tu ne pourras pas m'aider.

Passiv

J'ai envie de déchirer mon torse et d'écarter mes côtes en criant. Ce serait presque des yeux injectés de sang, mais non, je ne peux pas me comporter ainsi, pas ici, lorsque l'on sous-entend que je devrais partir plus bas. Que je ne suis pas fais pour rester, non, je ne le mérite pas, vraiment non.

Dans un chiotte sale, un homme est entré, les yeux bouillonnant. Encore un. Encore un de ces spectres infectés. Tourner les talons, c'est vrai qu'il me dévisage depuis tout à l'heure. Confusion, mon chnoque, tu fais des confusions, je ne suis pas ton ange gardien.


Ma salive devenait pateuse sous la chaleur. Ma démarche raide a failli me laisser tomber, sur tous les trotoirs où j'ai pu passer. Evoluer dans le vide. C'est pas une vie ça. Et maintenant, je rigole en parlant de cette "évolution". Quelle évolution ? du vent. Rien que du vent.

Ne te demande pas pourquoi.

mercredi, mars 02, 2005

Screaming dead

Me cabosser aux angles digitales depuis les siècles anciens jusqu'aux miroirs fânés. Il n'y a pas de fin à cette voie de décadence importune, de mésinfortune inculte.
Pas de faim de tout ce qui pourrait être avantageux et je ne sais pas vendre la chair de mes paroles juteuses de flâtteries et de calculs, je ne sais pas les décorer de souillures hypocrites qui pourtant servent bien plus souvent qu'une pâle vérité...

Amenuir mes chances. C'est tout ce que je sais faire. Je n'aurai pas les étoiles, ni les pinceaux fragiles, l'esquisse habile des courbes de hanches que je n'aimerai jamais assez, jamais autant.
Je n'aurai pas les comètes couchées sous mes paupières, les traces de feu ne seront qu'au fer, les explosions solaires; des particules posées sur un meuble mal nettoyé. Je n'aurai pas ma reconnaissance pour toutes ces futilités que j'ai pu admirer et abandonner sans même dégoûter mon être de son ingratitude envers l'enfant sérieux.

Aider à m'en oublier, et je meurs en vous, tout à vous, à me fondre en toi quand je ne peux pas m'aider moi-même. Oui, il n'y a pas de modèle sur cette voie là, pas plus que de détours. Oui, je plonge irrémédiablement et j'aurais pu chialer des larmes verdatres de merdes collantes aux yeux de l'imbécile devant cette eau que portent les courants de morts lâches. Oui, je suis lâche et je ne sais que m'apitoyer sur ce sort sordide que je me suis imposé.

Lâcher les cordes de l'Illusion, une nouvelle fois. Lâcher le câble d'espoir aussi. Et cacher ce sillon humide sur ma joue, loin de tout, surtout pas devant toi.
Crispation sur tout le corps, rongé d'humeurs infantils, ne pas réussir à se libérer de ça. Pas en entier. Et c'est aussi là que ce poids m'engouffre.

Con sans temple


Con(templation)

Desevinero

En fouinant mes décombres, je t'ai vu. Toi aussi dans un tunnel, tu avais peur de ce qui venait lentement vers toi, les ruines et les ennuis, les débuts et ce tournis incessant. Toi aussi, tu as eu peur et nous l'avons tous eu.
L'angoisse absolue, dominante sur ses rochers, sa lueur sinistre pour nos pupilles dilatées.
Tu l'as vu et je t'ai cru.

Besoin de tes bras pour retenir ma tête quand je devrais être à la hauteur de la bassesse qui me convie à sa fête d'insolence.
Besoin de toi, m'enfermer dans ta prison, dans tes anneaux d'une douceur infinie, besoin de toi comme pas possible. Comment peut-on se sentir aussi stupide...
Besoin quand il ne reste que trop de choses à "accomplir". En finir, bon sang.. En finir avec ce mauvais sang au delà des injustices, au delà des stupidités gamines et je ne me vois pas te laisser partir, pourtant j'y ai cru. Et je ne me vois pas t'enfouir sous d'autres souvenirs.

Des plus brillantes comme celle-là, des plus belles comme celle-ci, des plus agées comme cette autre, des plus attirantes comme une autre encore mais, ici, tu es plus que parfaite.

Et j'ai enterré toutes ces dépouilles.

mardi, mars 01, 2005

Time

Sans souvenirs, aucuns. Nicht mehr Angst, nicht mehr Frei.