dimanche, octobre 30, 2005

When I'm lying in my bed

Quand je dors, tout ce que je veux c’est mon lit, mon sommeil, mon apoplexie hors de secousses brutales. Je veux juste dormir, les bras dans les pétales des plis et des housses, le matelas en marque digitale, la couette entre deux jambes. J’ai besoin de ce sommeil, une fois pour toute, avachis, déconfis, terrifié, il me guette à l’abris, dans des ombres et le creux, les tempes se resserrent prêtes à engloutir mon cervelas gras et mou, leur apparence n’a que faire des civilités, tout ce que je veux c’est dormir. Quand je suis dans mon lit, tout ce que je veux c’est ne pas fuir son empreinte, son parfum de sueur mêlée à la salive, sa paresse frelatée, sa fringance passionnelle, plonger dans ses ressacs sans plus de volonté à part celle de ne pas en sortir, frôler la dépression, j’aimerais, être dans ce lit, et le noir, et le jour, et les nuits, et les petits matins clairs électrocutés aux murs de la chambres, à l’extérieur de mon coma doucereux, me finir à l’extincteur et faire germer des cicatrices de rêve, quand je suis dans ce lit, ou un autre, tout ce que je veux c’est y rester. M’engouffrer dans l’orifice du sans retours, la main paralysée sur ce matelas moelleusement absorbant de tous contours, les hanches écartelées dans sa couche de poussières et d’acariens jaunâtres flottant entre mes cheveux tombés. Je veux manger ces draps, m’étouffer de leur présence pas rassurante du tous, pas amoureuse, et encore moins échappatoire, non, elle est folle et mauvaise et rancunière et puante, son haleine a le sang chaud des jours de règles féminines, sa seule tendresse est celle d’un cadavre silencieux mais pas autant, pas assez. Les draps crissent quand on les assomme d’un coup de rein mal lancé, les oreilles bourdonnent à l’écouter, son mugissement est celui des tritons sourds au repos. C’est le plaisir de la douleur ancré dans la solitude des draps, quand je dors dans leurs replis, ce n’est que lui. Tout ce que je veux c’est dormir, aujourd’hui et demain et après, ne plus avoir la force de me relever, me quitter sans un mot, les mâchoires relâchées, décontractées. Assoupies. Et plus encore. Laver de l’extérieur et fumer mes démons internes, mes insanités profondes, je les veux dans mon lit et les baiser toutes d’un coup un seul, un coup pour toutes et tous, de la bouillies pour bébé dans les neurones, quelque chose de sec comme un coup de feu.

1 Comments:

At 30/10/05 18:39, Blogger Rapsode said...

Ah oui.. on peut aussi sauter d'un pont sur l'autoroute, merci.

 

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